Page:Dionne - Le Parler populaire des Canadiens français, 1909.djvu/26

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Abatages, n. m. pl.
Abatis, tête, cou, ailerons, pattes de volaille.
Abatteux d’ouvrage, loc.
Individu qui taille beaucoup de besogne en un temps donné. En Normandie on dit un homme d’abat, qui travaille vite et beaucoup.
Abattre, v. a.
Faire, exécuter. Ex. Voici un ouvrier qui abat beaucoup d’ouvrage dans une journée. Allusion à ceux qui abattent du bois.
À belle heure, loc. adv.
Tardivement, après l’heure voulue. Ex. Tu arrives à belle heure, toi ; pourquoi avoir tant retardé ?
Abîmer, v. a.
— Salir, tacher. Ex. Prenez garde d’abîmer mon habit. En Bretagne, abîmer comporte une signification identique.
— Injurier. Ex. Je me suis fait abîmer par ce gars-là.
Abîmer l’eau, faire eau. Ex. Ma chaloupe abîme l’eau.
Abîmer (s’), v. pron.
Se blesser. Ex. Il s’est abîmé les doigts en travaillant au jardin.
Able.
La plupart des terminaisons en able se prononcent comme si la lettre l n’existait pas. Ex. agréabe, aimabe, capabe.
Aboiteau, n. c.
Mot de provenance acadienne, qui signifie digue. Nous trouvons dans Littré, (vol. suppl.) « Aboteau, barrage, obstacle mis au cours de l’eau dans la Saintonge. Étymologie : a et bot qui signifie une digue, suivant le Glossaire aunisien. » La Saintonge, pays natal de Samuel Champlain, fondateur de Québec, a fourni à l’émigration française en Acadie un bon nombre de ses enfants. F. Godefroy, dans son Lexique de l’ancien français, cite le verbe aboiter qui signifiait tromper. Tromper la mer ou un fleuve au moyen d’une digue, ne serait pas après tout si mal ; de là, pourrait-on dire, un aboiteau. Le mot saintongeois est aboteau, petit batardeau fait pour retenir l’eau ; d’abotare de basse