Page:Discours de M. Gambetta prononcé à Bordeaux le 26 juin 1871.djvu/6

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vernementales. En un mot, un parti acceptant la formule : Le pouvoir au plus sage et au plus digne.

Il faut donc être les plus sages. Eh bien ! cela ne nous coûtera pas, par cette excellente raison qu’il n’y a de politique vraiment sage, vraiment féconde, que celle du parti républicain. (Très-bien !)

Il faut ne nous laisser détourner du droit chemin ni par les calomnies ni par les injures ; et j’ai la conviction que si nous voulons tenir bon et rester au poste, si nous voulons incessamment, sur toutes les questions posées, produire les solutions républicaines, nous arriverons à démontrer bientôt, par voie de comparaison et de contradiction, aux prétentieux qui nous dédaignent ou nous ignorent, que nous valons mieux que les injures, que nous sommes un parti de gouvernement capable de diriger les affaires, le parti de l’intelligence et de la raison, et que c’est parmi les hommes se réclamant de nos principes qu’on trouvera vraiment les garanties de science, de désintéressement et d’ordre, sans lesquelles un gouvernement n’est qu’une affaire au profit de quelques-uns.

Il faut donc maintenir et appuyer notre gouvernement, la République, en fait et en droit. Sans discuter sur les nuances puériles, permettez-moi de vous dire qu’un gouvernement au nom duquel on fait des lois, on fait la paix, on lève des milliards, on rend la justice, on dompte des émeutes qui auraient suffi à emporter dix monarchies, est un gouvernement établi et légitime, qui prouve sa force et son droit par ses actes mêmes. Ce gouvernement s’impose au respect de tous, et quiconque le menace est un factieux. (Bravo ! bravo !)

Aux plus sages ! aux plus dignes ! Parfaitement ! C’est une gageure qu’on doit accepter. Ce n’est pas une formule nouvelle pour des républicains ; c’est leur dogme, de ne voir attribuer les fonctions publiques qu’au mérite et à la vertu. C’est à ce