Page:Doin - Trois pièces comiques propres à être jouées dans les collèges, maisons d'éducation, 1871.djvu/5

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Lagouèpe.

Ah ! ça, dis donc, Camerluche, m’prends-tu pour avoir perdu la tête, veux tu m’faire entrer là d’dans, tu veux m’mécaniser hein ? Camerluche ?


Camerluche.

Allons bon ! vlà que tu vas t’fâcher à présent, comme si on avait le temps de s’fâcher ; parlons donc plutôt de notre vie, de c’te vie que nous coulons tous les deux depuis trois semaines.


Lagouèpe (chantant)

« Mon p’tit cousin au fond de la…


Camerluche (l’interrompant)

Ah ! ça vas tu r’commencer avec ton p’tit cousin, j’te préviens que si tu me cornes encore ton p’tit cousin dans les oreilles, j’décampe.


Lagouèpe.

Allons, Camerluche, allons sois indulgent pour mon humanité ; vois tu, moi, j’suis sensible, là mais très sensible ; j’ai z’assisté à uu concert et l’individu qui a chanté c’morçeau là, m’avait émouvé toutes les cordes sensibles de mon cœur ! (il chante) Mon p’tit cousin…


Camerluche (se bouchant les oreilles)

Assez ! Assez ! Mille bouteilles ! assez ! où j’m’esquive.


Lagouèpe.

Non, non, reste, Camerluche, d’ailleurs nous avons pas mal à causer. Dis moi, as tu d’l’argent, toi ?


Camerluche (riant)

D’l’argent ?… ah ! ah ! ah ! mais pas un rond, rien, rien, mon pauvre camarade.