Page:Doin - Trois pièces comiques propres à être jouées dans les collèges, maisons d'éducation, 1871.djvu/64

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Lucas

Moi, j’n’ai plus une goutte de sang dans les veines !…… Brrrrrrou !…


Bastien

Que faire ?… où nous cacher ?… Le v’là ! Le v’là !


Lucas

Bastien !… Bastien !… J’sais pus où aller… j’pers la tête.


Bastien

Vite !… Vite… petit frère… grimpons à l’arbre, cachons-nous dans les branches.


Lucas

C’est ça !… c’est ça… Vite à l’arbre !

(Hurlements très-rapprochés).

Bastien

Mon Dieu !… Il n’est plus temps !… Tiens, viens… petit frère !…

(Bastien monte dans l’arbre du milieu et arrangé exprès pour faciliter l’ascension).

Mais viens donc, viens donc, Lucas, tu es perdu !


Lucas

Je n’ai plus de jambes !… Le voilà !… c’est fait de moi !… (se ravisant) Ah !… on m’a dit qu’un ours ne touchait jamais un cadavre, faisons le mort (il se jette à genoux).

Mon Dieu ! prenez pitié d’un pauvre enfant ! sauvez moi !

(Il se courbe, reste immobile, l’ours entre sur le théâtre, le parcourt en grognant ; il fait le tour de l’arbre, enfin s’approche de Lucas, le tourne et retourne en hurlant ; après quelques instants il fait encore le tour du théâtre et sort.)