Page:Dolomieu - Mémoire sur les tremblemens de terre de la Calabre.djvu/34

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mens ; ce qui a fait ſuppoſer, que ces Villes étoient placées, a peu près, ſur le foyer, ou dans le centre de l’exploſion. Mais je ne dirai pas, comme tous les autres l’ont répété, que l’effet des tremblemens de terre, & les ruines qu’ils ont occaſionnés, ont été en raiſon inverſe de l’eloignement de ce centre, & que plus étoient grandes les diſtances, moins grandes étoient les ruines. Dans cette ſuppoſition, les Villes de Siderno, Groteria & Gerace, qui ne ſont pas plus éloignées d’opido, ou de ſanta Cristina, que Rosarno & Polistena, auroient éprouvé un même ſort. Les villages de Mamola, Agnana & Canolo, qui en ſont beaucoup plus près, auroient été raſés. Mais tous ces lieux étoient ſur des hauteurs de l’autre coté de la chaine, & quoiqu’ils ſouffriſſent beaucoup, de la ſecouſſe du 5. Fevrier, ils ne furent ni renverſés ni détruits ; on ne peut en rien comparer leur ſort, avec celui des Villes de la plaine. Je dirai avec plus de raiſons, que tout ce qui étoit enfermé dans l’enceinte de montagnes ci deſſus décrites, fut détruit ; & que tout ce qui étoit placé ſur le ſolide, au deſſus de la plaine, & ſur les croupes des montagnes qui l’entourrent, ne fut pas a beaucoup près auſſi maltraité.

L’effet général du tremblement de terre, ſur le terrein argillo-ſabloneux de la plaine de Calabre, qui tel que je l’ai décrit, n’a point de conſiſtence, fut d’augmenter ſa denſité en diminuant ſon volume, c’eſt-a-dire de le taſſer ; d’établir des talus, partout ou il y avoit des eſcarpemens, ou des pentes rapides ; de détacher toutes les maſſes, ou qui n’avoient pas ſuffiſament de baſe, ou qui n’étoient

rete-