Page:Dolomieu - Mémoire sur les tremblemens de terre de la Calabre.djvu/33

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ments. Les Villes & toutes les maiſons eparſes dans la campagne furent raſées dans le même inſtant. Les fondemens parurent être vomis par la terre, qui les renfermoit. Les pierres furent broyées & triturées avec violence les unes contre les autres, & le mortier qui les reuniſſoit fut réduit en poudre. Ce tremblement de terre, un des plus violens qui ayent jamais exiſté, arriva ſans avoir été préludé par des ſecouſſes moins violentes, & ſans que rien l’ait annoncé. Tel l’effet ſubit d’une mine. Quelques uns prétendent cependant, qu’un bruit ſourd & intérieur ſe fit entendre, preſque en même tems. Mais qui peut ajouter foi aux circonſtances racontées, par ceux, qui ſe trouvèrent expoſés a toute la rigueur de ce terrible fléau. La terreur & le deſir de ſe ſauver furent les deux premiers fentimens, qu’éprouverent ceux qui étoient renfermés dans les maiſons. Un inſtant après, le fracas de la chute des édifices, & la pouſſiere ne leur permirent plus, de rien voir, de rien entendre, ni même de réfléchir. Un mouvement machinal fit échaper ceux,qui ſe ſauverent ; les autres ne recouvrerent le ſentiment de leurs maux, que lorſque la première ſecouſſe fut ceſſée. Je ne chercherai point a peindre l’effroi, le ſilence, le deſeſpoir, qui ſuccederent a cette terrible cataſtrophe. Le premier mouvement fut celui de la joie de vivre encore ; le ſecond fut de déſolation. Détournons les yeux de ce ſpectacle d’horreur ; laiſſons a d’autres les détails des malheurs particuliers, & de leurs circonſtances ſingulieres ; & attachons nous aux ſeuls effets phyſiques.

Les ſoubreſauts les plus violents furent reſſentis dans les territoires d’opido & de ſanta Cristina. C’eſt la auſſi ou furent les plus grands boulverſe-

mens.