Page:Dolomieu - Mémoire sur les tremblemens de terre de la Calabre.djvu/66

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un feu étranger à cette province & n’agiſsant ſur elle que comme cauſe occaſionelle, nous pourrons expliquer tous les phénoménes qui ont accompagné les ſecouſſes. Prenons par exemple l’ethna en Sicile & ſuppoſons de grandes cavités ſous les montagnes de la Calabre ; ſuppoſition qui ne peut m’être refuſée. Il n’eſt pas douteux qu’il n’y ait d’immenſes cavités ſouterraines, puiſque le mont ethna a du en s’élevant par l’accumulation de ſes exploſions, laiſſer dans l’interieur de la terre des vuides relatiſs a ſa grande maſſe.

L’automne de 1782. & l’hyver de 1783. ont été fort pluvieux. Les eaux interieures augmentées de celles de la ſurſace ont pû couler dans les foyers de l’ethna ; elles ont du alors être reduites en vapeurs très expanſibles, & frapper contre tout ce qui faiſoit obſtacle a leur dilatation. Si elles ont trouvé des canaux qui les ayent conduit dans les cavités de la Calabre, elles ont pû y occaſionnér tous les deſordres dont je viens de tracer le tableau.

Suppoſons maintenant pour me ſaire entendre plus aiſément, que ces cavités, avec leur canaux de communication, repreſentent imparfaitement une cornue, miſe ſur le coté, dont le col ſoit le long de la coſte de Sicile, la courbure ſous Meſſine & le ventre, ſous la Calabre. Les vapeurs arrivant, avec impetuoſité & chaſſant devant elles l’air qui occupe déja ces cavités doivent d’abord frapper contre l’épaule de la cornue, & enſuite tourner pour s’engouffrer dans ſa capacité. La ſorce d’impulſion agira d’abord directement contre le
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