Page:Dottin - La religion des Celtes.djvu/46

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un grand nombre de vers. Aussi quelques-uns restaient-ils une vingtaine d’années à s’instruire. Les druides pensaient que les matières de leur enseignement ne devaient pas être confiées à l’écriture. Le principal point de leur doctrine était que l’âme ne périt pas et qu’après la mort elle passe d’un corps dans un autre. Une foule de questions sur les astres et leurs mouvements, sur la grandeur du monde et de la terre, sur les lois de la nature, sur l’action et la puissance des dieux immortels faisaient partie de leurs doctrines et de leur enseignement[1]. Il faut y ajouter la philosophie morale[2]. Pomponius Mela, confirmant les renseignements donnés par César sur les sujets et la durée de l’enseignement des druides, affirme que leur enseignement était secret et que le seul point de leur doctrine qui dit pénétré dans le public était l’éternité des âmes et l’existence d’une autre vie après la mort[3]. Diogène Laërce nous a conservé en grec une maxime sous forme de triade qu’il attribue aux Druides : honorer les dieux, ne faire aucun mal, avoir de la bravoure σέϐειν θέους καὶ μηδὲν κακὸν δρᾶν καὶ ἀνδρείαν άσκεῖν[4]. Rien ne nous permet de supposer que la philosophie et la science druidiques puissent être comparées à la philosophie et à la science grecques.

Les anciens avaient été frappés des analogies que présentait la doctrine des Grecs sur l’immortalité de l’âme avec l’enseignement de Pythagore. Aucun d’entre eux pourtant ne dit que les druides eussent eu des rapports avec Pythagore, ou ses disciples. Diodore de Sicile emploie les expressions ἐνισχύει παρ’ αὐτοῖς ὁ Πυθαγόρου λόγος « l’opi-

  1. De bello gallico, vi, 14.
  2. Strabon, iv, 4, 4.
  3. Chorographia, iii, 2.
  4. Vie des philosophes, préambule, 6, Cf. H. d’Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique, t. I, p. 150-153.