Page:Dottin - La religion des Celtes.djvu/45

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mais aussi les maîtres des druides, druidum magistri, s’assemblaient pour immoler des victimes aux idoles[1]. Aux funérailles d’un chef on tue, sur la tombe ses animaux ; c’est le même usage que chez les Gaulois du temps de César[2].

Mais quel rapport offrent les prodiges de contes populaires que nous venons de rapporter avec l’ancienne religion des Celtes ? Les druides irlandais se meuvent tantôt dans un monde de féerie où l’imagination du conteur crée les prodiges les plus incroyables ; tantôt dans une société peu civilisée où les pratiques de sorcellerie semblent tenir lieu de toute croyance religieuse. Le fétichisme n’y occupe guère de place sans doute parce que les rédacteurs chrétiens des épopées irlandaises en ont fait disparaître tout ce qui pouvait rappeler l’idolâtrie. Peut-être la religion des Gallo-romains a-t-elle quelques traits communs avec cet ensemble de superstitions qu’avaient conservé les Irlandais des premiers siècles de notre ère. Il est peu probable que les druides du temps de César n’aient été comme leurs confrères d’Irlande que des sorciers et des faiseurs de prestiges. Le druide Diviciacus, en tout cas, ne différait guère, semble-t-il, pour la culture intellectuelle, des Romains instruits de son temps[3].

Les druides étaient les éducateurs de la jeunesse gauloise. Attirés par leurs privilèges, dont le principal était l’exemption des impôts et du service militaire, beaucoup de jeunes gens allaient s’instruire auprès d’eux. Les uns y venaient de leur plein gré, les autres y étaient envoyés par leurs parents et leurs proches. Qu’y apprenaient-ils ? César ne le sait que par ouï-dire. On disait que ces jeunes gens avaient à retenir de mémoire

  1. H. d’Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique, t. I, p. 155, 157.
  2. De bello gallico, vi, 19, 4.
  3. C. Jullian, Revues de études anciennes, t. III, p. 205-210.