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LA RELIGION DES CELTES

premiers monastères irlandais[1]. Enfin nous ne savons rien de précis sur l’enseignement des druides. Dans les affaires publiques et privées, ils se servaient de lettres grecques. Mais faut-il croire qu’ils enseignaient le grec ? Et même qu’ils enseignaient le latin ? Le succès qu’eurent en Gaule les écoles romaines semble démontrer le contraire. Leur enseignement était oral et s’adressait à la mémoire. Il n’était pas permis de confier à l’écriture les vers où était contenue leur science. Il est très peu probable que la calligraphie fût en honneur chez eux. Aucun document historique ne vient fortifier la séduisante hypothèse de A. Bertrand, en ce qui concerne la Gaule et l’Irlande. Le fait que les moines irlandais ont orné de miniatures remarquables les manuscrits, le fait qu’ils ont ajouté des gloses à un grand nombre de textes latins et même grecs témoigne de la culture littéraire et artistique de ces moines, et ne saurait fournir d’argument à qui voudrait démontrer que les druides étaient des littérateurs et des artistes.


CONCLUSION


Essayons maintenant de grouper ici les résultats que donne cette revue rapide des principaux éléments de la religion des Celtes.

Des dieux nous ignorons à peu près tout ; à l’époque ancienne, nous ne connaissons que les assimilations sans doute superficielles que nous en ont rapportées les écrivains grecs et latins ; à l’époque gallo-romaine, quelques surnoms celtiques des divinités locales nous font entrevoir un panthéon gaulois très différent de celui dont les auteurs de l’antiquité nous avaient donné l’idée ; les compositions romanesques et mythiques du haut Moyen

  1. H. d’Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique, t. VI. p. 108-110.