Page:Dottin - La religion des Celtes.djvu/6

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la province rhénane, en Alsace, dans les Pays-Bas[1]. Mais on ne peut être sûr d’avoir affaire à des divinités celtiques si l’on n’a d’autre raison de le supposer que la provenance de l’inscription. On peut fort bien rencontrer en pays celtique une dédicace à une divinité étrangère ou vice versa. La grammaire comparée seule permet de résoudre la question. Il faut que le nom de la divinité s’explique par les langues celtiques, ou soit apparenté à des noms dont la provenance celtique n’est pas douteuse, pour que ce nom ait droit de figurer dans une histoire de la religion des Celtes. Mais les langues celtiques, si l’on excepte les nombreux noms de personnes et de lieux que nous ont conservés les textes de l’antiquité et les inscriptions, n’offrent de textes suivis qu’à partir du VIIIe siècle. La comparaison n’est donc possible que si l’on restitue le vocabulaire des langues celtiques dans l’état où il se présentait à une époque contemporaine de l’inscription qu’il s’agit d’étudier. Cette étude minutieuse n’est pas possible si l’on n’a pas une sérieuse préparation philologique. Quant aux divinités dont le nom n’est pas celtique, en l’absence de textes historiques, il est impossible de décider si elles ont été ou non adorées par les peuples celtiques, en dehors des textes et des inscriptions, nous n’avons plus de documents qui nous permettent d’étudier directement la religion des Celtes. Comment déterminer l’origine des dieux anonymes dont on a trouvé de nombreuses et caractéristiques représentations figurées ? Un très petit nombre de ces monuments sont antérieurs à la conquête romaine. Sont-ils des vestiges des cultes locaux antérieurs à l’invasion des Celtes en Gaule, ou ont-ils été introduits

  1. Les noms celtiques ou supposés tels relevés dans les inscriptions ont été publiés dans la Revue celtique, t. III p. 153, 297, t. VIII ; p. 378 ; t. XII, 131, 254, 354 ; t. XIII, p. 301 ; t. XIV, p 163 ; et dans l’Alceltischer Sprachschatz, de A. Holder qui comprend en outre tous les mots connus du vieux-celtique.