Page:Doucet - Moïse Joessin, 1918.djvu/49

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le sol du Canada, car Joessin qui aimait la justice ne la défendait pas rien que pour lui-même, il l’appelait pour tout le monde. On n’aurait pas insulter sans raison un Anglais devant lui ; car il avait le don de s’indigner, devant tout acte indigne ; et alors il se sentait dans le dos et dans les poings un fluide miraculeux d’une électricité qui chassait de son être toute timidité et toute crainte, quintuplait ses forces déjà grandes. Son verbe prenait l’accent haché et monosyllabique de la prompte décision ; une flamme traversait ses yeux, et si l’on persistait au défit, il se croyait obligé de vaincre ou de mourir. Son poing avait la prestesse vertigieuse d’aller se loger dans les faces qui montraient le plus d’orgueil.

Et si on lui donnait le temps, il enlevait toujours sa chemise, quelque fut le froid, restant là torse nu, ne gardant sur son corps que son pantalon retenu à ses reins par une simple corde ; non cet homme ne ménageait pas sa peau.