Page:Doyle - La Main brune.djvu/58

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c’était un homme qui aimait bavarder. (p. 59)


UNE VISITE NOCTURNE


« Je racontai mon histoire quand on m’arrêta, mais personne ne voulut me croire. Je la racontai de nouveau lors du procès. Je dis la chose dans son entier, comme elle était arrivée, pas davantage. Dieu m’assiste ! je mis tout au plus juste, et les paroles et les gestes de lady Mannering, et mes paroles et mes gestes. Et j’y gagnai quoi ? « L’accusé a fait une déclaration incohérente, inadmissible dans les détails, et ne reposant sur aucun semblant de preuve » : ainsi s’exprima l’un des journaux de Londres ; pour les autres, ce fut comme si je n’avais présenté aucune défense. Et pourtant, j’ai vu, de mes yeux vu, le meurtre de lord Mannering ; et j’en suis aussi innocent que n’importe lequel des jurés qui me jugèrent.

Puisque aujourd’hui vous êtes là, monsieur, pour recevoir les pétitions des prisonniers, voici la mienne. Je vous demande de la lire, seulement de la lire. Puis, renseignez-vous sur le caractère de cette « lady » Mannering, – si du moins elle garde toujours le nom qu’elle portait il y a trois ans, quand, pour mon malheur, je fis sa rencontre. Chargez de cette enquête un agent privé ou un homme de loi ; et vous en saurez vite assez pour vous convaincre que mon récit est la vérité pure. La moindre recherche vous mettra sur la voie. Rappelez-vous que le crime ne profita qu’à cette personne, puisque, d’une femme malheureuse qu’elle était, la voilà devenue maintenant une riche veuve. Vous tenez le fil conducteur, vous n’avez qu’à le suivre et à voir où il vous mène.

Remarquez-le bien, monsieur, je ne parle pas du cambriolage. Je ne réclame pas contre ce que j’ai mérité, n’ayant pas eu plus que je ne méritais. Ce fut