Page:Doyle - La Vallée de la peur.djvu/135

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Murdo approchait du centre de la ville, elle s’illumina tout d’un coup ; des magasins aux brillantes devantures confondaient leur rayonnement avec celui des cafés et des tripots où les mineurs venaient gaspiller un salaire gagné avec tant de peine.

« Voici la Maison de l’Union, dit le guide, désignant un café qui se haussait presque à la dignité d’hôtel. Celui qui mène tout, là-dedans, c’est Mac Ginty.

— Un homme de quelle espèce ?… demanda Mac Murdo.

— Quoi ! vous n’avez jamais entendu parler du patron ?

— Vous savez que je suis étranger.

— Ma foi, je pensais que l’on connaissait son nom dans tous les États. Il a suffisamment occupé la presse.

— Pour quelle raisons ?

— Mais… »

Le mineur baissa la voix :

« Pour des affaires.

— Quelles affaires ?

— Bon Dieu, l’ami, vous êtes un drôle de numéro, soit dit sans offense. Vous saurez qu’ici les seules affaires dont on s’occupe sont les affaires des Écumeurs.

— Je crois avoir lu quelque chose sur les Écumeurs, à Chicago. Une bande d’assassins, n’est-ce pas ?

— Taisez-vous, sur votre vie ! cria le mineur épouvanté, en considérant avec stupeur