Page:Doyle - La Vallée de la peur.djvu/151

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avez semé… eh bien, par le Seigneur ! vous récolterez ! »

Ivre de fureur, les prunelles étincelantes, il tourna sur ses talons ; et bientôt après la porte du dehors claquait derrière lui.

Pendant une minute, Ettie et Mac Murdo se regardèrent en silence. Puis elle l’enveloppa de ses, bras.

« Oh ! Jack, comme vous avez été brave ! dit-elle. Mais à quoi bon ? Il faut que vous disparaissiez. Cette nuit, Jack, cette nuit même ! C’est votre seule chance. Il en veut à votre vie. Je l’ai lu dans ses yeux féroces. Que vous servirait de lutter contre une douzaine de ces hommes qui ont derrière eux le patron Mac Ginty et la toute-puissance de la loge ?

Mac Murdo dégagea ses mains, embrassa Ettie, et, doucement, la força de s’asseoir.

« Voyons, ma chérie, voyons… ne craignez pas pour moi. Moi aussi, je suis un Homme Libre : je le disais tout à l’heure à votre père. Et ne me prenez pas pour un saint, je ne vaux sans doute pas mieux que les autres. Peut-être maintenant, allez-vous me haïr, sachant cela ?

— Vous haïr, Jack ? De ma vie je ne pourrais vous haïr. Partout ailleurs il n’y a aucun mal à être un Homme Libre ; alors, pourquoi vous en ferais-je un grief ? Mais si vous êtes un Homme Libre, vous devriez tout de suite aller voir le patron Mac Ginty et tâcher de vous mettre dans ses bonnes grâces.