Page:Doyle - La nouvelle chronique de Sherlock Holmes, trad Labat, 1929.djvu/104

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
104
LA NOUVELLE CHRONIQUE

se pouvait qu’un amoureux éconduit eût assassiné Browner et sa femme : dans ce cas, l’oreille masculine appartenait au mari. Cette conception rencontrait de fortes objections ; elle n’avait rien d’absurde. J’envoyai donc un télégramme à mon ami Algar, de la police de Liverpool, le priant de savoir si Mrs Browner était chez elle et si Browner était parti sur le May Day. Puis nous allâmes à Wallington, dans l’intention de rendre visite à miss Sarah Cushing.

« J’étais curieux, avant tout, de constater jusqu’à quel point nous retrouverions chez elle l’oreille de la famille ; ensuite, elle nous fournirait peut-être d’importants renseignements, mais je n’y comptais pas outre mesure : elle devait avoir, dès la veille, entendu parler de l’affaire, dont retentissait tout Croydon ; seule, elle pouvait comprendre à qui s’adressait le paquet ; et si elle avait voulu aider la justice, elle se fût déjà mise en mouvement. Néanmoins, nous étions tenus d’aller la voir. Elle était malade. La simple nouvelle de l’arrivée du paquet lui avait donné une fièvre cérébrale. Il apparaissait donc clairement que miss Cushing saisissait toute la signification de l’envoi. Mais il était non moins clair que nous n’avions pas à compter sur son aide.

« Déjà, au surplus, nous ne dépendions plus d’elle. Les renseignements demandés par télégramme nous attendaient au bureau de police, où j’avais prié Algar de les adresser. Nous n’aurions pu les souhaiter plus concluants. La maison des Browner était fermée depuis plus de trois jours ; les voisins supposaient Mrs Browner partie pour le sud, où elle avait de la famille. Quant à Browner, on avait appris, en s’informant au bureau de la Compagnie, qu’il naviguait sur le May Day. D’après mes calculs, ce bateau mouillera demain