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DE SHERLOCK HOLMES

soir dans la Tamise. À son débarquement, Browner trouvera, pour l’accueillir, l’obtus mais énergique Lestrade, et je ne doute pas que les résultats de notre enquête ne se confirment de point en point.

Tout se passa comme l’avait prévu Sherlock Holmes. Deux jours plus tard, il recevait une grosse enveloppe qui contenait, en même temps qu’une courte lettre du détective, un document dactylographié couvrant plusieurs feuilles de papier ministre.

— Lestrade tient notre homme, me dit Holmes en me lançant un coup d’œil. Peut-être vous intéressera-t-il de savoir ce qu’il m’en écrit lui-même. Voici sa lettre :


Cher monsieur Holmes,

Conformément aux dispositions par nous arrêtées en vue de vérifier nos hypothèses, — ce « nous » est joli, n’est-ce pas, Watson ? — je me rendis hier, à six heures après-midi, à l’Albert Dock, et montai à bord du steamer May Day. On m’informa, sur ma demande, qu’il y avait à bord un steward du nom de James Browner, et que cet individu s’était, au cours de la traversée, conduit de façon si bizarre que le capitaine avait dû le relever de ses fonctions. Je descendis dans sa cabine, où je le trouvai assis sur un coffre, la tête dans ses mains, et balançant le corps d’un côté à l’autre. C’est un homme de haute taille, solide, tout rasé, très brun de peau. Il se leva d’un bond en apprenant l’objet de ma visite, et je fus sur le point de porter mon sifflet à mes lèvres pour appeler deux hommes de la police fluviale qui se tenaient à l’angle de la première rue ; mais le courage parut l’abandonner, et il offrit presque ses poignets aux menottes. Nous l’emmenâmes jusqu’à la prison avec sa malle, dans l’espoir