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LA NOUVELLE CHRONIQUE

congé donné, elle était partie dans les vingt-quatre heures, ce qui l’avait obligée à payer inutilement le prix d’une semaine. Jules Vibart, le fiancé de la femme de chambre, avait là-dessus son opinion. Il rattachait le départ de lady Frances à la visite que lui avait faite, un ou deux jours auparavant, un homme grand, brun, barbu, « un sauvage ! criait Vibart, un véritable sauvage ! » Cet homme logeait quelque part en ville. On savait qu’il était Anglais, mais on ignorait son nom. On l’avait vu en grande conversation avec lady Frances au cours d’une promenade au bord du lac ; après quoi il lui avait rendu visite. Elle avait refusé de le recevoir, et quitté immédiatement la place. Entre cette visite et ce départ, Jules Vibart, et, chose plus importante, sa fiancée, établissaient un rapport de cause à effet. Un détail sur lequel Vibart ne s’expliquait point, c’était la raison pour laquelle Marie avait abandonné sa maîtresse. De cela, il ne voulait rien dire ; si je tenais à savoir, je n’avais qu’à aller à Montpellier interroger Marie.

Ainsi finit le premier chapitre de mon enquête. Je consacrai le second à la recherche du lieu où s’était rendue lady Frances Carfax après son départ de Lausanne. Elle en avait fait suffisamment mystère pour me confirmer dans l’idée qu’elle voulait éviter quelqu’un : sans cela, n’eût-elle pas franchement enregistré ses bagages pour Bade ? Or, c’est par un détour qu’ils parvinrent, et qu’elle arriva elle-même, dans cette station rhénane. À peine le renseignement m’eût-il été fourni par le directeur local de l’agence Cook, je décidai d’aller à Bade, après avoir, par dépêche, rendu compte à Holmes de mes faits et gestes, et reçu de lui, en réponse, un télégramme de recommandations semi-ironiques.