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LA NOUVELLE CHRONIQUE

tement le temps que cette huile mettait à brûler. Une autre expérience à laquelle il se livra fut beaucoup moins anodine ; je doute de l’oublier jamais.

— Vous vous rappellerez, Watson, me dit-il un après-midi, que les rapports qui nous ont été faits, si divers qu’ils soient, présentent tous un point de concordance : je veux parler de l’effet produit, dans les deux cas, par l’atmosphère de la chambre, sur la personne qui y entra la première. Il vous souvient, n’est-ce pas, que Mortimer Tregennis, la dernière fois qu’il se rendit chez les siens, vit, à ce qu’il nous a déclaré, le médecin qui l’accompagnait s’affaisser sur une chaise ? Il vous souvient également que Mrs. Porter, la gouvernante, nous a dit s’être évanouie en pénétrant dans la salle à manger des Tregennis, et que, sitôt revenue à elle, son premier soin fut d’aller ouvrir la fenêtre ? Vous avez certainement présente à la mémoire l’atroce sensation d’étouffement que nous éprouvâmes nous-mêmes à notre arrivée chez Mortimer Tregennis, bien que la domestique eût ouvert la fenêtre ? Cette domestique, à ce que j’ai appris dans le courant de l’enquête, avait été si malade qu’elle avait dû s’aliter. Vous admettrez, Watson, que voilà des faits significatifs. L’une et l’autre fois, ils témoignent d’une atmosphère toxique. L’une et l’autre fois, il y a quelque chose d’allumé dans la pièce : la première fois, c’est un feu ; la seconde, c’est une lampe. Le feu répondait à un besoin ; mais le niveau de l’huile prouvait qu’on avait allumé la lampe alors qu’il faisait déjà grand jour. Qu’est-ce que cela signifie ? Une chose certaine, c’est qu’il existe un rapport entre ces trois faits : le feu ou la lampe allumés dans la pièce, l’atmosphère accablante, et la folie ou la mort de ces malheureux. C’est clair, n’est-ce pas ?