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LA NOUVELLE CHRONIQUE

il ne se hasardait à sortir que flanqué de son satellite Lucas, ou plutôt Lopez, comme on l’appelait au temps de sa grandeur. Mais, la nuit, il était seul, le vengeur le trouverait. Un certain soir fixé d’avance, j’envoyai à mon ami mes dernières instructions, car Murillo, toujours sur ses gardes, changeait sans cesse de chambre. Je devais ouvrir les portes ; une lumière blanche ou verte, à l’une des fenêtres regardant l’avenue, indiquerait si l’on pouvait agir en toute sécurité ou si l’on devait remettre la tentative.

« Les événements se prononcèrent contre nous. J’avais, je ne sais comment, éveillé les soupçons de Lopez, le secrétaire. Il se glissa derrière moi et m’arracha le billet que je venais d’écrire. Son maître et lui me traînèrent dans ma chambre, me jugèrent, me convainquirent de trahison. Ils m’auraient plongé leur couteau dans le corps s’ils avaient su comment échapper aux conséquences de leur acte. Enfin, après un long débat, ils conclurent au danger de me tuer, mais ils décidèrent de se débarrasser de Garcia.

« Ils m’avaient bâillonnée, Murillo me tordit le bras jusqu’à ce que je leur eusse donné l’adresse de mon ami. Je jure que je n’aurais pas eu cette faiblesse si j’avais connu leurs intentions. Lopez mit l’adresse sur le billet, le cacheta avec son bracelet et le fit porter par José, son domestique. Comment Garcia fut assassiné, je l’ignore ; je sais seulement qu’il mourut de la main de Murillo, car Lopez était resté pour me garder. Murillo dut guetter l’arrivée de Garcia au milieu des bruyères que traverse le petit chemin, et le frapper au passage. Il avait d’abord songé à le laisser entrer dans la maison et à le tuer comme un cambrioleur qu’on surprend chez soi ; mais en causant avec son secrétaire, il s’était avisé qu’une enquête révélerait immédiate-