Page:Doyle - Résurrection de Sherlock Holmes.djvu/47

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séjour en France, j’ai lu les journaux avec la plus grande attention, comptant toujours sur une chance qui me le livrerait. Tant qu’il était en liberté, mon existence à Londres courait les plus grands risques. Nuit et jour, ma vie eût été menacée par cet homme, qui m’aurait, tôt ou tard, frappé. Que pouvais-je faire ? Il m’était impossible de le tuer à bout portant, car j’eusse été moi-même mis sous les verrous. Je ne pouvais avoir recours aux magistrats, ils refuseraient de rien faire sur un simple soupçon. J’étais donc impuissant, mais je suivais de près les affaires criminelles sachant bien qu’un jour viendrait où je le prendrais en flagrant délit. Survient l’assassinat de Ronald Adair. Enfin, les circonstances me servaient ! Sachant ce que je savais, n’était-il pas certain que l’assassin était le colonel Moran ? Il avait dû jouer aux cartes avec le jeune homme, le suivre depuis son club jusqu’à son domicile ; sans nul doute il avait tiré sur lui à travers la fenêtre ouverte. Les balles, à elles seules, devaient suffire pour lui faire mettre la corde au cou. Je revins de suite, son guetteur me vit et je compris qu’il allait