Page:Drumont - La France juive, tome second, 3eme édition, 1886.djvu/59

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Petit Algérien, le Mont Atlas adressent incessamment à la mère patrie des appels qui, hélas ! ne sont pas entendus.

Le Courrier d’Oran écrit à la date du 8 mai 1882 :

Le plus grand pas dans la voie impolitique, qui tend à nous désaffectionner l’indigène musulman, a été fait sous les auspices de la République actuelle, par la délégation de Tours qui a décrété la naturalisation en masse des Juifs indigènes, en s’inspirant d’une façon bien inopportune, des idées d’égalité qui dominent en France depuis 1789.

Cette mesure nous a fait grand tort dans l’esprit des indigènes qu’elle a blessés cruellement. Elle n’était justifiée par aucune nécessité pas plus que par les mérites de ceux qui ont profité de cette faveur exceptionnelle, car si la race juive a conservé quelque part le caractère qui lui vaut le mépris des autres peuples, c’est bien ici.

On dirait que c’est pour les Juifs que la France a entrepris la conquête de l’Algérie.

Tirés par nous de l’ignorance où, sous la domination arabe, ils étaient maintenus par des préventions séculaires, ils envahissent insensiblement notre société, non pour s’assimiler à elle, mais, pour rester une caste à part qui veut dominer. Ils pénètrent partout audacieux et arrogants ; la fortune publique passe dans leurs mains usuraires et, comme si ce n’était déjà trop, ils briguent les fonctions électives avec un succès menaçant. Le moment n’est peut-être pas éloigné où juges consulaires, officiers de l’état civil, députés et sénateurs algériens seront tous Juifs. Un projet de loi a été voté le 3 décembre 1880, par la Chambre des députés, a l’effet d’étendre le suffrage universel aux élections consulaires comme aux élections politiques.

Que ce projet soit maintenant accepté par le Sénat et qu’il soit promulgué en Algérie, où tous les Juifs sont marchands patentés, ils envahissent nos chambres et nos tribunaux de commerce, devenant absolument maîtres du pays et réalisant, en peu de temps, mes trop justes appréhensions. Leur insolence, si prompte à se manifester, n’a déjà plus de bornes, et, dans nos principales villes, ils tiennent le haut du pavé, humiliant sans vergogne notre vieille