Page:Du Camp - Paris, tome 5.djvu/114

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glige, elle s’oblitère et tarit ; les terrains traversés par le ruisselet deviendront stériles, la prairie ne sera plus qu’un marécage. — La source, c’est l’enseignement supérieur : on n’a d’élèves qu’à la condition d’avoir des professeurs.

Ce ne sont pas les grandes institutions qui nous manquent ; nos facultés sont nombreuses, et les établissements scientifiques ne nous font pas défaut : faculté de théologie, faculté des lettres, faculté des sciences en Sorbonne ; faculté de droit, faculté de médecine, École supérieure de pharmacie, École pratique des hautes études, Collége de France, Muséum d’histoire naturelle ; École de langues orientales vivantes, École des chartes, École des mines, École des ponts et chaussées, École de médecine et de pharmacie militaires, École polytechnique, École normale supérieure, d’où sortent les professeurs des enseignements littéraire et scientifique. C’est complet, et il y a là de quoi féconder le cerveau de la France, afin qu’il puisse agir sur le corps tout entier.

Il est triste d’avouer que, dans cette douloureuse question de l’instruction publique, plus on s’élève, plus on est exposé aux désillusions pénibles. L’enseignement primaire à Paris est très-bon, l’enseignement secondaire est médiocre, l’enseignement supérieur s’engourdit de plus en plus, il paraît atteint d’anémie ; il meurt de pauvreté. Les hommes d’élite sont impuissants à le vivifier, car l’argent lui manque ; il ne vit plus que d’expédients. Il a été bien brillant jadis, sous la Restauration, pendant les premières années de la dynastie de Juillet ; il a fait parler de lui, il a réuni autour de ses chaires les intelligences du pays et les savants étrangers. Certaines voix parties de la Sorbonne, du Collége de France, de l’École de médecine, ont éveillé des échos jusqu’au bout du monde ; quel vent mauvais