Page:Du Camp - Paris, tome 5.djvu/172

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dévouement, de perspicacité, une patience sans égale, et parfois même une grande ténacité pour forcer, l’une après l’autre, toutes les barrières que l’infirmité a dressées entre l’enseignement et l’intelligence de ces écoliers d’une nature si particulièrement spéciale. Un professeur titulaire touche au début 2 400 francs par an, et de quatre années en quatre années voit son traitement augmenter jusqu’à un maximum infranchissable de 3 800 francs ; c’est dérisoire. Il semble que l’administration pèse un peu sur l’enseignement ; celui-ci devrait être plus libre ; c’est par l’effort individuel encouragé que l’on arrivera à perfectionner des méthodes excellentes, mais qui n’ont point encore dit leur dernier mot. À ce sujet je regrette que l’on ne réunisse pas à la bibliothèque les diverses publications étrangères qui s’occupent des sourds-muets. Cela est de toute nécessité pour les professeurs, pour les administrateurs, qui de cette façon pourraient profiter des progrès accomplis ailleurs dans cette matière difficile. Il en était ainsi autrefois ; la guerre a naturellement interrompu ce genre de service qui était régulièrement fait ; pourquoi n’y pas revenir et ne pas nous mettre à même, par l’étude comparative des différents systèmes, d’améliorer les destinées intellectuelles et physiques de ces pauvres enfants ?

L’institution, telle qu’elle est organisée aujourd’hui, malgré son double caractère qui a quelque chose de déplaisant, est appelée à rendre de sérieux services aux jeunes infirmes qu’elle accueille, si l’on consent à l’outiller des livres et des modèles plastiques dont elle a impérieusement besoin ; mais il est bon que la leçon du passé profite et que l’on ne rentre pas dans des errements que la raison et l’expérience ont condamnés. Un programme limité aux notions de l’enseignement primaire doit suffire au plus grand nombre des écoliers, car ceux qui dénotent une intelligence supérieure trou-