Page:Du Camp - Paris, tome 5.djvu/218

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Que deviennent les autres ? En 1833, lorsque M. Guizot discutait la loi sur l’enseignement, il disait : « L’enseignement primaire est la dette du pays envers tous ses enfants. » Bien des aveugles restent encore créanciers éconduits. L’instruction est cependant pour eux, plus encore peut-être que pour les voyants, un bienfait qui n’a pas d’équivalent. À l’aveugle pauvre elle donne un métier où il trouve des ressources suffisantes ; elle l’arrache à la mendicité et à l’hospice ; à l’aveugle riche elle apporte des satisfactions profondes, toujours renouvelées, qu’il ne peut attendre que de la culture de son esprit ; pour tous deux, elle ouvre le monde fermé, dissipe les ténèbres qui les enveloppent, neutralise l’infirmité dans une mesure très-étendue, et les crée à une vie nouvelle. Aussi, en étudiant cette institution mère, en constatant les résultats qu’elle obtient, on déplore qu’elle ne soit pas assez vaste pour accueillir tous ceux qu’un mal irréparable condamne à la double nuit de l’ignorance et de la cécité.