Page:Du Camp - Paris, tome 5.djvu/227

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sons, les dames de Guise et de Montmorency, la duchesse d’Angoulême, les religieuses de Sainte-Claire, les Filles-Dieu, les Filles-Pénitentes, l’hôpital de la Trinité et les Récollets Saint-Martin. Ce n’était que de l’empirisme, et l’on ne pouvait ainsi remédier à une disette d’eau que l’accroissement de la population rendait plus sensible de jour en jour. Sully, qui fut avec Turgot le seul grand ministre économiste qu’ait possédé la France, comprit promptement que les sources de Belleville et des Prés-Saint-Gervais ne rendaient point un volume d’eau correspondant aux besoins publics. Il fallait, si l’on ne modifiait l’alimentation même des fontaines, ou que le peuple se passât d’eau, ou que le Louvre et les Tuileries en fussent privés. Il imagina alors de puiser en pleine Seine une quantité d’eau qui, reçue dans des réservoirs placés au-dessus du pont Neuf que l’on venait d’achever, pût être facilement distribuée dans les deux logis du roi.

Il s’entendit avec un ingénieur flamand nommé Jean Lintlaer, et, en 1606, malgré la réclamation des marchands, qui redoutaient quelques embarras pour la facile navigation du fleuve, on éleva en aval, sur la deuxième arche de droite du pont Neuf, la première machine hydraulique que connut Paris. Ce fut la Samaritaine, qui eut rang de château et qui fut dirigée par un agent décoré du titre de gouverneur. Elle se déversait dans le Louvre et dans les Tuileries, et par ce fait rendait libre la fontaine que François Ier avait fait ériger sur la place de la Croix-du-Trahoir[1].

Henri IV disparaît ; Sully rentre dans la retraite, l’alimentation des fontaines est en péril, car, sous l’influence de la cour, on revient au système des concessions gra-

  1. La fontaine de François Ier a subsisté longtemps ; elle a été remplacée au siècle dernier par celle que l’on voit au coin de la rue de l’Arbre-Sec et de la rue Saint-Honoré. — La Samaritaine, reconstruite en 1772, a été supprimée en 1813.