Page:Du Camp - Paris, tome 5.djvu/31

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trois employés : l’un fait la reconnaissance détaillée, l’autre écrit sur un registre la désignation de l’objet et indique en regard la somme prêtée ; le troisième enfin, délégué de la caisse, écrit le nantissement et la somme, qu’il remet immédiatement à l’individu, qui est dès lors un emprunteur. Si la somme ne dépasse pas 15 francs, on la livre sans formalités ; si elle est supérieure, on fait signer un reçu ; de plus, on exige un papier d’identité, — carte d’électeur, quittance de loyer, patente, — sinon un répondant. Lorsque ces conditions ne sont point remplies, le prêt est suspendu, le gage est conservé, et l’on ouvre une enquête.

Le bulletin, renvoyé dans la salle d’appréciation, est remis avec l’objet qu’il désigne au garçon boîtier ; celui-ci place l’article dans une boite après avoir vérifié s’il concorde exactement à la désignation. Si l’article est d’une valeur au-dessous de 20 francs, la boite est simplement fermée à l’aide d’un fil noué ; s’il est d’un prix plus élevé, la boîte est enveloppée d’une couverture de papier scellée à cire ardente et timbrée d’un cachet portant le numéro de la division et les trois lettres M. D. P.

Le bulletin et la boîte sont poussés ensemble au garçon couseur, qui coud l’un sur l’autre solidement, après avoir eu soin de plier la fiche indicative de façon à laisser le numéro d’ordre en apparence. Les boîtes successivement réunies sont enfermées dans un panier clos et portées au magasin, où nous les retrouverons. Ces précautions sont minutieuses ; elles exigent le concours de plusieurs employés, qui se contrôlent mutuellement, mais on n’en saurait trop prendre pour éviter les erreurs possibles dans la manutention d’une si grande quantité d’objets. On est parvenu ainsi à une sorte de précision mathématique qui permet de faire toutes les opérations avec une certitude presque absolue.