Page:Du Camp - Paris, tome 5.djvu/370

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Sous le Directoire, alors qu’un césar apparaissait avec l’intention formelle de réglementer le monde, l’usure avait pris des allures tellement scandaleuses, que Regnault de Saint-Jean-d’Angély ne trouva d’autres moyens de remédier à ces nouvelles exactions que le rétablissement des monts-de-piété ; et, le 24 messidor an XII, un décret impérial sanctionna les conclusions du sénateur.

De Bonaparte Ier à nos jours, l’historique des monts-de-piété ne présente de faits importants qu’une réglementation diverse dont l’étude, intéressante à coup sûr, dépasserait le cadre de ce rapport.


liquidation des monts-de-piété ; leur situation économique, leur valeur morale. — appréciations sur les services qu’ils rendent aux travailleurs.

Comme toutes les institutions financières établies sous la monarchie, les monts-de-piété sont un monopole. À ce titre, l’intervention de la Commune est nécessaire.

Les monts-de-piété se classifient eux-mêmes dans l’ordre des administrations de bienfaisance ; ils ont une corrélation intime avec les bureaux de bienfaisance, l’administration des hospices, les caisses d’épargnes, la société du prince impérial. Ces cinq organes de la charité publique font entre eux des virements de fonds journaliers.

Les opérations financières du mont-de-piété sont les suivantes :

Ils empruntent au moyen de billets au porteur ou de billets à ordre, à raison de 3 p. 100 d’intérêts en moyenne ; ces emprunts proviennent, pour la plupart, des dépositaires à la caisse d’épargnes.

Les bénéfices résultant de la balance des opérations sont attribués à l’administration des hospices, dont les propriétés foncières sont hypothéquées du montant des billets souscrits.

La garantie effective des avances au mont-de-piété est donc basée sur des propriétés appartenant à l’État.

En 1869, les bénéfices ont été de 784 737  fr. 53  c. Il résulte du compte administratif de 1869 que les droits perçus en moyenne par le mont-de-piété auraient été de 6 p. 100 ; mais les droits indiqués aux reconnaissances s’élevant à 12 ou 14 p. 100, il s’ensuit que le rapport, pour des motifs qu’il nous a été impossible de connaître, est muet sur une partie des opérations.

Donc cette administration, agissant sous une sorte de commandite des hospices, n’alloue que 3 p. 100 d’intérêt aux prêteurs ; mais, afin de laisser un aléa pour les bénéfices des commanditaires, l’ad-