Page:Du Camp - Paris, tome 5.djvu/372

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rité du prêt pendant la période du siège, représente une valeur réelle d’environ 180 millions, la moyenne du prêt ne dépassant pas le cinquième de la valeur de l’objet déposé.

Les ventes arrêtées par le décret de la Commune, les crédits ajournés, la dispersion de l’épargne pendant le siège, vont forcément interrompre les opérations des monts-de-piété, qui ne sont plus effectivement que les gardiens des gages en magasin et qui privent une partie considérable de la population d’objets de première nécessité.

Il faudrait, pour que les monts-de-piété puissent continuer leurs opérations usuraires sous le gouvernement de la Commune, qu’ils recourussent à d’autres établissements de crédit, ce qui, en en admettant la possibilité, augmenterait de 4 p. 100 au moins les contributions ou préparerait une liquidation annuelle avec un chiffre énorme de pertes.


La liquidation des monts-de-piété est donc indispensable, au double point de vue de l’immoralité de leur principe et de la nullité absolue de leur fonctionnement économique.

La liquidation se heurte tout d’abord à une difficulté qui semble colossale : celle de rembourser les 38 millions de francs, dont sont débiteurs les monts-de-piété envers une classe qui a engagé là les fruits d’un labeur de plusieurs années.

Il serait injuste de jeter le trouble dans la vie économique de citoyens qui ont peut-être fait acte de prévoyance exagérée, mais non d’agiotage.

D’un autre côté, l’état des finances ne permet pas d’effacer la dette au moyen d’une dépense spéciale.

Mais si l’on place la question sur son véritable terrain, il ressort des faits que l’administration des monts-de-piété détient et immobilise une valeur de 180 millions pour prêts de 38 millions ;

Que les renouvellements, s’ils étaient possibles dans l’état actuel des choses, frapperaient d’un impôt très-lourd une classe particulièrement atteinte ;

Que toute liquidation partielle, dans cette période, porterait atteinte aux gages du prêteur et de l’emprunteur.

En sorte que les garanties des souscripteurs de billets n’ont d’autre valeur que celle que leur présente le crédit des monts-de-piété, garantie aléatoire.

Cette garantie qu’offre le crédit de l’établissement peut être remplacée par toute autre, et la Commune se mettant au lieu et place des monts-de-piété, supprimés en vertu des considérations développées plus haut, aucun intérêt ne sera lésé.