Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/102

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Kiang ning fou, ou Nan King, et Tchin kiang fou, partie sur le grand canal, yu leang ho, bordé des villes les plus riches et les plus peuplées de la province de Kiang nan, comme Hoai ngan fou, Yang tcheou fou, Tchang tcheou fou, Sou tcheou fou et partie sur les bords de la mer de la province de Tche kiang, où sont les terres de Hang tcheou fou métropole, de Hou tcheou fou, de Kia hing fou, qui seules fournissent plus de soie à la Chine que toutes les terres des autres provinces.

On ne peut en effet rien voir de plus beau que ces campagnes, toutes unies et mises, ce semble, au niveau. Elles sont semées de villes et de gros villages, et coupées d’une infinité de canaux tous navigables, sans qu’où y coure le moindre danger : l’eau en est belle et excellente à boire. Ces canaux se communiquent les uns aux autres, et sont couverts d’un nombre incroyable de barques magnifiques. Ces campagnes sont cultivées avec un soin et un travail, dont il n’y a que le peuple chinois qui soit capable ; elles sont du reste si fertiles, qu’en plusieurs endroits elles produisent du riz deux fois l’année. Il arrive même assez souvent qu’entre les deux récoltes elles donnent encore de petits grains et du froment.

Mais qui jugerait du gros de la Chine par cette contrée, s’en ferait certainement une fausse idée. La connaissance d’un certain nombre de villes fort étendues, ne suffit pas pour en porter un jugement exact ; et, sans l’occasion qu’ont eu les missionnaires de parcourir l’empire pour en dresser la carte géographique, nous ignorerions encore que dans la plupart des grands gouvernements, on trouve des contrées de plus de vingt lieues très peu peuplées, presque incultes, et assez souvent si sauvages, qu’elles sont tout à fait inhabitables.

Comme ces contrées sont éloignées des grandes routes qu’on suit dans les voyages ordinaires, elles ont aisément échappé à la connaissance des autres missionnaires, et des auteurs des relations imprimées. Si quelques-uns d’eux louent beaucoup la province de Chen si et de Se tchuen, c’est qu’ils ont vu le district de Si ngan fou partagé en trente-sept villes, la plupart assez riches et bien peuplées. Il en est de même des éloges qu’ils font des terres de Tching tou fou, qui est coupé par des canaux faits à la main, sur le modèle de ceux des provinces de Kiang nan et de Tche kiang. Ils n’ont pas cru, sans doute, que les contrées qu’ils n’avaient pas eu occasion de voir, pussent être aussi différentes qu’elles le sont en effet, du pays qu’ils avaient parcouru.

Les provinces de Ho nan et de Hou quang, sont généralement estimées par ces écrivains, et elles méritent de l’être : car après celle de Kiang nan elles sont les plus peuplées et les plus fertiles. Ce n’est pas que le Ho nan n’ait du côté de l’ouest une assez grande étendue de pays dépeuplée et inculte, et que le Hou quang n’ait aussi des déserts encore plus vastes. Mais c’est que, vu la quantité des terres naturellement fertiles, l’abondance est dans ces deux provinces, presque toujours assez grande, pour fournir du riz et d’autres grains aux provinces voisines, et surtout à celle de la cour : car quoique la province de Pe tche li ne soit qu’une vaste et large plaine, bornée à l’ouest et au nord par des montagnes, et à l’est par l’océan, le terroir