Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/116

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Arbres de casse.

On trouve dans la province d’Yun-nan, du côté du royaume d’Ava des arbres de casse (cassia fistula). Ils sont assez hauts, et portent de longues gousses ; c’est ce qui l’a fait nommer par les Chinois tchang-ko-tse-chu, l’arbre aux fruits longs. Ses gousses sont en effet plus longues que celles qu’on voit en Europe. Elles ne sont point composées de deux cosses convexes comme celle des légumes ordinaires, mais d’une espèce de tuyau creux, divisé par des cloisons en forme de cellules, qui contiennent une substance moelleuse, et tout à fait semblable à la casse, dont nous nous servons.

Nous ne parlerons pas ici des arbres, qui fournissent le bétel, quoiqu’on l’emploie utilement dans plusieurs incommodités, et qu’il soit d’un usage fort commun dans les provinces du midi ; non plus que des palmiers, des bananiers, des cotonniers, des mangliers, des ananas, et de plusieurs autres plantes qui naissent dans les Indes, puisqu’on en trouve la description dans tant de relations de ces pays-là.


Cannelle.

Nous remarquerons seulement que la cannelle chinoise croît dans le district de Tsin tcheou fou, de la province de Quang si, principalement sur la montagne Pe che. Elle est à la Chine même moins estimée, que celle qu’on y apporte du dehors. Sa couleur tire plutôt sur le gris que sur le rouge, qui est la couleur de la bonne cannelle de Ceylan. Elle est aussi plus épaisse, plus âpre, et moins odorante, et il s’en faut bien qu’elle ait la même vertu de fortifier l’estomac et de réjouir le cœur. On ne peut nier cependant qu’elle n’ait les qualités de la cannelle, quoique dans un moindre degré de perfection. L’expérience en est une preuve sans réplique. On en trouve même quelquefois de plus piquante au goût, que celle qui vient des Indes, où l’on assure qu’elle prend aussi une couleur grise lorsqu’elle est trop longtemps à sécher.


Simples propres à la teinture.

Ce n’est pas ici le lieu de parler des simples des drogues, dont se servent les ouvriers à la Chine ; c’est ce qui pourrait entrer dans une histoire naturelle de cet empire. Je dirai pourtant un mot de la plante nommée tien ou bien tien-hoa. Elle est fort commune dans les provinces, et d’un grand usage : lorsqu’elle est macérée dans l’eau, et préparée dans de grandes cuves, ou dans de petits étangs, elle rend une couleur bleue, dont les teinturiers se servent. Celles de Fo kien donnent une plus belle teinture et sont les plus estimées, pour une sorte de peinture qu’on appelle tan-mei.

On ne se sert presque que des sucs de fleurs et d’herbes, pour peindre sur le satin et sur le taffetas satiné, toutes sortes de fleurs et de figures, dont les Chinoises se font des habits, des garnitures, et des meubles. Ces couleurs qui pénètrent la matière, ne passent point ; et comme elles ne sont point de corps, elles ne s’écaillent jamais. Elles semblent être tissues avec finesse, quoiqu’elles ne soient que peintes d’une manière tendre.


Animaux.

On n’a pu avoir assez de connaissance des animaux singuliers, qui se trouvent, dit-on, dans les montagnes de cet empire. Ce qu’on raconte de quelques-uns, a si peu de vraisemblance, qu’il me paraît indigne de l’attention du public. Ce qu’on rapporte constamment dans le Se tchuen, de