Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/142

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


fan abandonnèrent la ville et prirent le chemin de Ouei tcheou, une de leurs meilleures places qui est dans la province de Se tchuen. Ouei cao les poursuivit, et voyant qu’ils ne cessaient pas de fuir devant lui, il prit le parti d’assiéger la ville d’Ouei tcheou.

Cette nouvelle consterna le roi des Tou fan. Il envoya aussitôt Lun mang son premier ministre avec un secours considérable. Ouei cao l’ayant appris, fort de ses lignes, va au-devant du secours, défait l’armée du premier ministre, et l’oblige à se rendre prisonnier. Aussitôt après cette expédition, les portes de la ville lui furent ouvertes. Il résolut d’en faire une place d’armes, et il alla assiéger la forteresse de Koen min tching. Mais il y échoua par la bravoure du gouverneur, dont la résistance fut invincible.


802.

La ville de Ouei tcheou était une des villes royales, et les rois des Tou fan depuis Kiliso y passaient une partie de l’année. Aussi la première chose que fit le roi Y tai, qui venait de succéder à son frère, fut de ne rien épargner pour la reprendre. Il leva une armée de cent cinquante mille hommes, et envoya l’assiéger.

Au premier bruit de la marche de cette armée, le général chinois, s’était jeté dans la place. Il soutint le siège pendant vingt-cinq jours, et se défendit avec beaucoup de valeur contre les assauts continuels de l’ennemi : mais enfin le secours qu’il attendait n’arrivant point, et se voyant réduit à l’extrémité, il fut contraint de se rendre.

Les Tou fan fiers de leur conquête, avancèrent vers Tching tou fou, capitale de la même province de Se tchuen. Le général chinois, qui, avec le peu de troupes qu’il commandait, ne pouvait pas s’opposer à leur marche, répandit le bruit qu’il allait s’emparer des défilés des montagnes par où ils avaient passé, et il fit faire à sa petite armée tous les mouvements nécessaires, pour persuader que c’était là son vrai dessein. Ils en furent si convaincus, que dans la crainte d’être surpris à leur passage, ils se contentèrent d’avoir exécuté l’ordre principal de leur prince, et se retirèrent à Ouei tcheou.

Y tai était un prince naturellement doux, paisible, et plein de tendresse pour son peuple. Comme il n’avait fait la guerre que pour recouvrer une place qui avait été enlevée à son prédécesseur, dès qu’il vit les troupes de retour, il fit dire aux généraux des frontières de l’empire, qu’il ne tiendrait qu’à eux de vivre en paix ; et pour leur persuader combien ses intentions étaient sincères, il publia un ordre, qui enjoignait à tous ses officiers de se tenir simplement sur la défensive.

Les Chinois de leur côté se comportèrent avec générosité en différentes occasions. Si ta meou, Tou fan de nation, et gouverneur de Ouei tcheou, offrait de livrer sa place à Ly ti yeu, qui commandait les troupes chinoises sur les frontières de l’empire. Les officiers étaient presque tous d’avis qu’il fallait accepter ses offres, mais un des principaux nommé Ni ou fan, s’y opposa fortement.

« Un grand empire comme le nôtre, dit-il, doit faire plus de cas de la bonne foi que de la prise d’une place. Si nous sommes les premiers à rompre la paix, nous autorisons les infidélités passées des Tou fan ; les