Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/197

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tout. Le chemin fort beau avec des arbres plantés sur les deux côtés comme une allée de jardin : grand monde sur la route.

Les villages que je trouvai ce jour là, avaient tous une maison élevée, et semblable à une petite tour carrée ; les habitants s’en servent pour mettre leurs effets plus en sûreté dans les temps de troubles, ou lorsqu’ils craignent des irruptions de voleurs, etc. Ce sont des maisons particulières de gens à leur aise, comme de mandarins, de soldats, etc.

Le 18 je partis de ce village, dont les portes étaient si basses, que ma litière pensa se briser deux fois. Le chemin toujours planté d’arbres. Après quarante-cinq lis je passai par un gros village fort long nommé Hian hy pou. De là à Nhing lou hien, 20 lis. Je dînai et je couchai dans cette ville, parce qu’on ne trouve d’hôtelleries qu’à soixante-dix lis plus loin.

Cette ville est de la dépendance de Kouei te fou : elle paraît grande, mais déserte et pauvre au-dedans ; ses fossés sont remplis d’eau, ses murailles de briques avec des tours de distance en distance. La route a été environ l’est 1/4 de sud-est. Depuis Cai fong jusqu’’ici j’ai trouvé d’espace en espace sur le chemin de ces petites tours ou sentinelles ; il y a des cloches en quelques-unes. J’ai passé durant ces soixante lis par huit ou neuf villages.

Le 19 j’allai dîner et coucher à Tçai kia tao keou, grosse bourgade, et je fis 80 lis. La pluie continuelle m’empêcha de juger de la route ; je laissai Kouei te fou à gauche, ce qui me fait croire que la route fut sud-est, supposé que ce qu’on m’a dit de sa situation soit certain. Le pays toujours agréable. Je passai devant une belle sépulture, où l’on voyait des lions de marbre dans un bois fort touffu.

Le 20 je ne marchai point à cause de la pluie, la terre était devenue si molle qu’on ne pouvait s’y tenir.

Le 21 après avoir fait 90 lis route sud-est selon le rapport de nos muletiers, car le soleil ne se voyait pas, j’allai coucher à Hoe tin tçie gros bourg : les campagnes toujours belles, les chemins et les villages bordés d’arbres.

Le 22 je fis 90 lis route au sud-est, et partie au sud. Après avoir dîné dans un gros village à quarante-cinq lis, je passai par Yung tching hien. C’est une ville petite pour l’enceinte des murailles, mais les faubourgs en sont très grands. Je comptai l’après dinée douze villages que je voyais tout à la fois à ma gauche, ils ont presque tous quelques petites tours carrées qui les sont découvrir de loin. On ne voit plus tant d’arbres.

Le 23 après 20 lis je passai par Tung tie fou çu, bourgade où commence la province de Kiang nan. Je vins dîner à Pe kang y, autre village ; route sud-est, 40 lis en tout. J’allai coucher au village de Sang pou, route sud, encore quarante lis. Tous ces villages sont de la dépendance de Fong yang fou.

J’ai eu tout le jour des montagnes du côté de l’est à cinq ou six lieues ; la campagne presque sans arbres, excepté dans les villages qui sont en grand nombre, et ont tous de petites tours carrées. Je vis les Chinois battre leur blé en roulant dessus un cylindre de marbre noir et grossier : il a deux pieds de diamètre, et est long d’environ deux pieds et demi, deux