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PREMIÈRE VILLE

capitale de la province et de tout l’empire,

CHUN TIEN FOU,

ou

PEKING, c’est-à-dire, Cour du Nord


Cette capitale de tout l’empire de la Chine, et le siège ordinaire des empereurs, est située dans une plaine très fertile, à vingt lieues de la grande Muraille. On la nomme Peking, qui veut dire, cour du septentrion, de même qu’on donnait à la capitale de la province de Kiang nan, le nom de Nan king, qui signifie cour du midi, lorsque l’empereur y résidait autrefois. Mais alors les Tartares, peuples inquiets et belliqueux, qui faisaient de continuelles irruptions sur les terres de l’empire, obligèrent ce prince de transporter sa cour dans les provinces du nord, afin d’être plus à portée de s’y opposer avec le grand nombre de troupes qu’il a d’ordinaire auprès de sa personne.

La ville est de figure parfaitement carrée : elle est divisée en deux villes : celle où est le palais de l’empereur est nommée nouvelle ville, Sin tching : on l’appelle aussi ville tartare, parce que les maisons ont été distribuées aux Tartares dans l’établissement de la monarchie présente.

La seconde est appelée vieille ville, Lao tching : on peut la nommer vieille ville chinoise, puisque les Chinois chassés de l’autre ville, s’y retirèrent en partie, tandis qu’une autre partie fuyait vers les provinces méridionales, et se vit même obligée d’abandonner le pays, parce qu’on distribua non seulement les maisons de la nouvelle ville bâtie autrefois sous Yung lo, vers 1405 lorsque la cour quitta Nan king ; mais encore les terres des environs, et des villes voisines jusqu’à une certaine distance, avec une exemption perpétuelle de taille, et de toutes sortes de tributs.

En moins de quatre-vingt ans, les Tartares se sont si fort multipliés, qu’ils occupent presque toute la nouvelle ville, les Chinois occupent le reste, de sorte qu’on n’y voit aucun endroit vide, quoiqu’il s’en trouve encore dans l’ancienne.

Le circuit des murailles des deux villes ensemble, sans y comprendre les faubourgs, a été mesuré, et ne passe pas cinquante deux lis chinois. Ainsi il est moins grand que celui de Nan king  : mais la différence est entière entre la largeur, la hauteur, et la beauté des murailles de l’une et de l’autre ville. Celles de Peking sont superbes, et dignes de la capitale du plus grand empire