Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/236

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et de bêtes de charge. Dans l’espace d’une seule lieue de chemin, on rencontre deux ou trois villages qu’on traverse, sans compter ceux qu’on voit de tous côtés à perte de vue dans la campagne. On passe les rivières sur de fort beaux ponts à plusieurs arches.


HO KIEN FOU. Troisième ville.


La situation de cette ville entre deux rivières, lui a fait donner le nom de Ho kien : ses murailles tirées au cordeau, sont hautes, belles, et bien entretenues. On lui donne près de quatre mille pas de circuit. Elle a dans sa dépendance deux villes du second ordre, et quinze du troisième. Ses rivières sont remplies de bons poissons, et les écrevisses qu’on y trouve en abondance sont de très bon goût.


TCHIN TING FOU. Quatrième ville.


C’est une grande ville, qui a près de quatre mille pas de circuit : sa forme approche d’un carré oblong : ses murailles sont belles, et flanquées de tours carrées de distance en distance : elle est située assez près d’une belle rivière, dont les eaux vont se décharger à quelques lieues de là dans le Lac Pai hou.

Son ressort est fort étendu : il comprend trente-deux villes, dont cinq sont du second ordre et vingt-sept du troisième. Elle a au nord des montagnes, où les Chinois prétendent trouver quantité de simples, et d’herbes rares, pour l’usage de la médecine. On y voit quelques monuments ou espèces de temples, élevés en l’honneur de leurs héros, et un entr’autres consacré à la mémoire du premier empereur de la dynastie des Han.


CHUN TE FOU. Cinquième ville.


Le district de cette ville n’est pas fort étendu : elle n’a dans son ressort que neuf villes du troisième ordre, mais toutes célèbres et très peuplées. La campagne y est riante et fertile par l’abondance des eaux dont elle est arrosée. Les rivières fournissent diverses sortes de beaux poissons. On y trouve un sable très fin et très délié, dont on se sert pour polir les pierres précieuses, et qui se débite dans tout l’empire. On en fait aussi de la vaisselle de terre, mais il s’en faut bien qu’elle approche de cette belle porcelaine qu’on travaille à King te tching bourgade de la province de Kiang si. C’est aussi à Chun te fou qu’on vient chercher des pierres de touche pour éprouver la bonté de l’or. On prétend que ce sont les meilleures qui se trouvent dans tout l’empire.