Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/305

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


un lieu de divertissement, où l’on va se régaler. On y voit un joli cabinet, où l’on sert le repas, au bas duquel il y a une pièce d’eau fort profonde, dans laquelle on entretient des poissons d’une grosseur extraordinaire. Ils paraissent sur l’eau, et de la fenêtre du salon on leur jette de petits pains, qu’ils avalent tout entiers.


TAI TCHEOU FOU. Sixième ville.


Cette ville qui en a six autres dans sa dépendance, est située sur le bord d’une rivière, et dans un pays tout couvert de montagnes. Quoiqu’elle soit beaucoup moins riche et moins considérable que les villes dont je viens de parler, le voisinage de la mer ne lui laisse rien manquer de ce qui lui est nécessaire.

Ce qu’elle a de singulier, c’est qu’on y pêche une espèce de raie dont la peau s’emploie à plusieurs usages, et surtout à faire des fourreaux de coutelas. Il s’en fait un grand commerce dans le pays, et l’on en transporte au Japon et dans tout l’empire.


KIN HOA FOU. Septième ville.


Cette ville est placée au cœur de la province, et sur le bord d’une assez belle rivière, dans laquelle plusieurs autres petites rivières se déchargent. Elle était autrefois fort vaste, et célèbre par la beauté de ses édifices : mais ses peuples qui sont belliqueux, ayant résisté longtemps à toute la puissance des Tartares qui envahirent la Chine, furent enfin subjugués. Une partie de la ville fut brûlée, on l’a rebâtie depuis, de même qu’un grand pont qui est à son couchant, et un autre pont de bateaux qui est proche de la ville de Lan ki hien, et qui est bien plus beau que celui qui avait été brûlé par les Tartares.

Kin hoa a huit villes du troisième ordre dans sa dépendance : elles sont situées partie dans des rases campagnes, partie dans des pays environnés de montagnes. Le riz y croît en abondance, et le vin qu’on en fait est estimé dans le pays.

On y fait un grand commerce de grosses prunes sèches, et de jambons qui sont fort estimés, qu’on envoie dans toutes les provinces de l’empire. On y trouve presque partout de ces petits arbrisseaux dont la fleur blanche ressemble au jasmin, et de ces arbres qui produisent le suif dont on fait des chandelles très blanches, qui ne s’attachent point aux mains, et qui ne jettent aucune mauvaise odeur lorsqu’on les éteint.


KIU TCHEOU FOU. Huitième ville.


La situation de cette ville est assez agréable : elle est bâtie sur une belle rivière, et entre-deux autres plus petites qui s’y déchargent.