Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/308

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Les campagnes y nourrissent des bestiaux sans nombre : la terre y produit toutes sortes de grains et de fruits, surtout des oranges et des citrons de toutes les espèces. Ses montagnes sont très abondantes, les unes en cristal, d’autres en simples et en herbes médicinales ; il y en a d’où l’on tire quantité de talc, et plusieurs autres sont couvertes de ces vieux pins, propres à faire ces grandes colonnes, que les architectes chinois emploient dans leurs plus beaux édifices. On y trouve de l’or dans le sable de ses rivières, et des torrents qui descendent des montagnes, avec des mines abondantes de fer, d’étain, de totenague, et de semblables métaux.

Il s’y fait quantité de papier des bambous qui y croissent, et l’on voit dans ses campagnes beaucoup de ces petits vers qui produisent de la cire, de même que les abeilles produisent le miel. Enfin elle est si abondante en toutes sortes de choses, qu’on l’appelle communément le grenier de l’empire, et c’est un proverbe parmi les Chinois, que la province de Kiang si peut fournir un déjeuner à la Chine, mais que celle de Hou quang a elle seule de quoi la nourrir toute entière.

Il y avait autrefois dans cette province un grand nombre de princes descendants de la famille impériale de Hong vou, mais cette famille si nombreuse, a été presque entièrement éteinte par les Tartares.


PARTIE SEPTENTRIONALE
DE LA PROVINCE DE HOU QUANG.


Première ville et capitale de la province. VOU TCHANG FOU


C’est en même temps la capitale, et de toute la province, et de la partie septentrionale nommée Hou pe, où réside le tsong tou des deux parties de cette province. Elle a sous sa juridiction particulière une ville du second ordre, et neuf du troisième.

Vou tchang est comme le centre de tout l’empire, et le lieu d’où il est plus aisé de se répandre dans les autres provinces. De cette ville, jointe à celle de Han yang, qui n’en est séparée que par la largeur du fleuve Yang tse kiang, et de la petite rivière de Han, il se forme le lieu le plus peuplé, et du plus grand abord de la Chine.

On peut comparer l’enceinte de cette capitale à celle de Paris ; et la ville de Han yang, qui par un de ses faubourgs, vient jusqu’à la pointe du confluent des rivières de Han et d’Yang tse kiang, ne le cède point aux villes les plus peuplées de France, telles que sont Lyon, par exemple, ou Rouen. Joignez à tout cela un nombre incroyable de grandes et petites barques, qui s’étendent partie dans le Kiang, partie dans le Han, de la