Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/333

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On voit sur les montagnes voisines de fort beaux sépulcres, qui occupent beaucoup d’espace, et qui sont tous ou de marbre, ou de pierres de taille : on y voit placé dans une distance convenable des arcs de triomphe, des statues de héros, des lions, des chevaux, et d’autres figures d’animaux, avec des attitudes différentes, et très naturelles : et tout cela est environné d’une espèce de forêts d’anciens cyprès plantés en échiquier. Ce pays fournit quantité de musc ; on y voit d’assez belle vaisselle de terre ; la pierre d’azur y est très commune.

La rivière Fuen ho, dont on trouve le nom dans les plus anciens livres de la Chine, n’est ni large ni profonde ; elle ne laisse pas de contribuer à l’embellissement et à la commodité de cette capitale, de même que la rivière d’Ouei contribue à l’utilité de la ville de Si ngan fou ; car quoique l’une et l’autre ne soient nullement comparables aux grandes rivières qui courent près de plusieurs capitales, elles viennent après une course assez longue, se jeter dans le fleuve Jaune, et par ce moyen elles communiquent avec les provinces de Ho nan et de Kiang nan.

On entretient à Tai yuen une petite garnison tartare sous un officier nommé Ho tong ta. Les Mantcheoux, qui sont maintenant les maîtres de ce vaste empire, ont peu de garnisons de leur nation, et à dire vrai, il serait difficile, et presque impossible d’en fournir à tant de villes, qui sont, ou sur les passages des grandes rivières, ou sur les frontières, ou sur les bords de la mer. Ainsi l’on se contente d’en avoir dans quelques-unes des premières villes de l’empire, soit pour soutenir les soldats chinois qui sont sur les côtes, soit pour disputer le passage du grand fleuve Yang tse kiang, qui traverse le milieu de la Chine, soit pour veiller sur les milices des provinces de Chan si et de Chen si, employées à la défense de la grande Muraille, quoique l’empereur étant tartare, il n’y en a pas maintenant un grand nombre.


PIN YANG FOU. Seconde ville.


Quoique Pin yang ne soit que la seconde ville de la province, elle ne le cède point à sa capitale, ni par son antiquité, ni par la fertilité de son terroir, ni par l’étendue de son ressort, ni par le nombre des villes qu’elle a dans sa dépendance, qui sont au nombre de trente-quatre, savoir six du second ordre, et vingt-huit du troisième, dont plusieurs sont très considérables, sans compter un nombre infini de bourgs et de villages fort peuplés. Elle est située aux bords de la rivière Fuen ho, et a plus de quatre mille pas de circuit.

Le pays qui en relève, est en partie plat, et en partie couvert de montagnes ; les terres y sont cultivées partout et très fertiles, excepté dans le voisinage de quelques montagnes qui sont incultes et véritablement affreuses. Deux rivières qui partagent ce territoire, ne servent pas peu à y entretenir l’abondance. Du côté de l’occident et du midi, il est baigné par le fleuve Hoang ho. Près de Ngan y hien il y a un lac dont l’eau est aussi salée que celle de la mer, et dont l’on fait beaucoup de sel.