Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/357

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de sources d’eau vive. Elle a dans son district onze villes, dont une est du second ordre, et les dix autres du troisième.

Tout ce pays qui est voisin de la mer, abonde en poissons, en huîtres, en écrevisses, et en certains cancres ou crabes qui sont d’un fort bon goût ; on y trouve aussi des tortues d’une grosseur extraordinaire, et les ouvriers chinois font de leurs écailles toutes sortes de jolis ouvrages.

On y voit deux ponts remarquables ; l’un qui est de quarante arches, et qui joint à l’orient les bords des deux rivières qui s’y assemblent. L’autre est au couchant sur un petit lac qui baigne les murs de la ville. Ce lac qui n’a qu’une lieue de circuit, est revêtu tout autour d’une digue de pierre. Le rivage est embelli de jardins, et de grands arbres qu’on y a plantés : deux îles qui sont dans ce lac, et où l’on a bâti des maisons de plaisance, communiquent l’une à l’autre par un beau pont qui y a été construit.

C’est dans une montagne de ce district, qu’on trouve des papillons singuliers par leur beauté et par leur grosseur, qui s’envoient à la Cour, et qui s’emploient à certains ornements qu’on fait au palais. J’en ai fait la description ailleurs.


TCHAO TCHEOU FOU. Cinquième ville.


C’est presque à l’embouchure de la rivière Han kiang, que cette ville est située : elle reçoit le flux et le reflux de la mer jusque sous ses murailles. Elle a au levant un pont magnifique qui est très long et également large. Son district contient onze villes du troisième ordre.

Tout ce pays n’est séparé de la province de Fo kien que par des montagnes, et il est si bien arrosé, que la terre y est partout très fertile, excepté dans quelques endroits ou le sol est pierreux et incapable de culture.


TCHAO KING FOU. Sixième ville.


C’est dans cette ville, qui au sentiment des connaisseurs, est la mieux bâtie, et la plus belle de la province, que réside le tsong tou des deux provinces de Quang tong et de Quang si ; elle est située sur la rivière Ta ho ; vers l’orient on voit sur ses bords une belle tour à neuf étages. Le port est fort spacieux, au confluent de trois rivières ou grands canaux, dont l’un conduit à Canton. Ce canal est si resserré entre des montagnes, que dans le temps des pluies, il cause quelquefois le débordement de la rivière.

De Tchao king jusqu’à Canton, on ne voit des deux côtés de la rivière que de gros villages, et ils sont si près les uns des autres, qu’on les prendrait pour un seul village ; on en laisse surtout un à gauche d’une longueur extraordinaire. On y compte près de deux cents maisons qu’on prendrait pour des tours carrées, et qui servent d’asile aux habitants