Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/359

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y pêche des perles, et on y travaille à plusieurs jolis ouvrages d’écaille de tortue.


LOUI TCHEOU FOU. Neuvième ville.


Le terroir où est située cette ville est des plus agréables, et le plus abondant de toutes les villes occidentales de cette province ; il est presque environné de la mer, et n’est séparé de l’île de Hai nan que par un petit détroit où l’on dit qu’on pêchait autrefois des perles.

Il y a quantité de bourgades dont les habitants ne s’occupent que de la pêche qui les fait subsister : car les côtes fournissent quantité de poissons de toutes les sortes ; il y croît partout de ces osiers rampants, qui traînent de longs scions semblables à une corde entortillée, dont les Chinois font une infinité de jolis ouvrages. Cette ville n’a sous sa juridiction que trois villes du troisième ordre.


Dixième ville et capitale de l’île de Hai Nan.
KIUN TCHEOU FOU


Hai nan signifie midi de la mer : c’est une grande île qui a au septentrion la province de Quang si, que l’on voit distinctement dans un temps serein ; au midi le canal que forme le banc Paracel avec la côte orientale de la Cochinchine ; à l’occident une partie de ce même royaume, et une partie du Tong king ; et à l’orient la mer de la Chine.

La plus grande étendue de l’île de Hai nan, est de l’orient à l’occident : elle est d’environ soixante à soixante-dix lieues ; celle du septentrion au midi, de quarante à cinquante. Ainsi cette île a à peu près cent soixante lieues de circuit.

Le terrain de la partie du nord ne forme, pour ainsi dire, qu’une plaine depuis la côte jusqu’à quinze lieues d’enfoncement. Celui du sud au contraire, de même que celui de l’est, sont couverts de très hautes montagnes.

Ce n’est qu’entre ces montagnes et celles qui occupent le centre de l’île, qu’on trouve des campagnes cultivées, et ces plaines, quoiqu’une très petite portion de l’île, sont encore incultes en plusieurs endroits, et remplies de sables.

Cependant la grande quantité de rivières, et les pluies que donnent les changements des saisons, rendent les campagnes de riz assez fertiles, et la récolte que l’on fait souvent deux fois l’année, suffit aux besoins d’un peuple assez nombreux.

Le climat de la partie méridionale est fort malsain : les eaux surtout, à ce qu’assurent les Chinois, y sont pernicieuses, et ils ont la précaution de