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laquelle ces insulaires marchent jour et nuit dans les plaines, et au milieu des bois épais, sans armes, et presque toujours nus pieds. Il y a cependant des serpents et des couleuvres d’une prodigieuse grandeur mais comme ils sont fort timides, le simple mouvement, ou le moindre cri, les écarte bien loin.

Ce port dont les Portugais sont en possession depuis plus d’un siècle, est célèbre par le grand commerce qu’ils y faisaient, lorsqu’ils étaient les maîtres d’une partie considérable des Indes. Ils y ont une forteresse avec une très petite garnison, parce qu’ils ne sont pas en état d’y entretenir beaucoup de troupes.


PORT DE MACAO


Ce port dont les Portugais sont en possession depuis plus d'un siècle, est célèbre par le grand commerce qu'ils y faisaient, lorsqu'ils étaient les maîtres d'une partie considérable des Indes. Ils y ont une forteresse avec une très petite garnison, parce qu'ils ne sont pas en état d'y entretenir beaucoup de troupes.

La ville est bâtie dans une petite péninsule, ou si l’on veut, dans une petite île, parce qu’elle est séparée de la terre par une rivière, que le flux et le reflux grossit. Cette langue de terre ne tient au reste de l’île que par une gorge fort étroite, où l’on a bâti une muraille de séparation.

Quand on mouille au dehors, on ne voit de tous côtés que des îles, qui font un grand cercle, et l’on ne découvre que deux ou trois forteresses sur des hauteurs, et quelques maisons qui sont à un bout de la ville, on dirait même que les maisons et les forteresses tiennent à une terre fort élevée, qui borne la vue de ce côté-là. Mais entre cette terre, qui fait une île assez grande, et Macao il y a un port sûr et commode, et la ville s’étend par dedans le long de ce rivage.

Les maisons sont construites à l’européenne, mais un peu basses : Les Chinois y sont en plus grand nombre que les Portugais : ceux-ci sont presque tous métis et nés dans les Indes, ou à Macao. Comme ils ne sont pas fort riches, les Chinois en font peu de cas.

Les fortifications de Macao sont assez bonnes, le terrain fort avantageux, et il y a beaucoup de canon, mais la garnison est mal entretenue, et comme les Chinois fournissent à tous ses besoins, ils n’ont pas de peine à être les maîtres.

Il y a dans la place un gouverneur portugais, et un mandarin chinois, dont tout le pays dépend. Son palais est au milieu de la ville : quand il veut quelque chose, c’est aux Portugais d’obéir, surtout dans les affaires où les Chinois ont quelque intérêt.

Voici ce qui procura cet établissement aux Portugais. Pendant les années de Hong tchi, les Européens venaient faire leur commerce dans la ville de Canton ou dans celle de Ning po de la province de Tche kiang, jusqu’à ce que durant les années de Kia tsing un pirate nommé Tchang si lao qui rôdait sur les mers de Canton, s’empara de Macao et assiégea la capitale de la province. Les mandarins appelèrent à leur secours les Européens, qui étaient sur les vaisseaux marchands : ceux-ci firent lever le siège, et poursuivirent le pirate jusqu’à Macao, où ils le tuèrent. Le tsong tou ayant fait savoir à l’empereur le détail de cette victoire, ce prince publia un édit, par lequel il accordait Macao à ces marchands d’Europe, afin qu’ils pussent s’y établir.