Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/393

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arts et des sciences ; les fréquentes révolutions, et par quelles intrigues elles avaient été ménagées ; les grands exemples de vertu ; les avis donnés aux empereurs ; les bonnes ou mauvaises actions de ces princes, afin que leurs descendants apprissent de leurs exemples, ce qu’ils devaient faire, ou ce qu’ils devaient éviter.

Il est même très vraisemblable, que si ces deux fameux astronomes Hi et Ho eussent rempli le devoir de leur charge, en avertissant l’empereur de l’éclipse qui devait arriver, et qui arriva effectivement, l’histoire n’en eût pas plus parlé que des précédentes ; mais parce que leur silence était bien moins l’effet de leur ignorance, que d’une malice affectée, et du dessein qu’ils avaient de favoriser la trahison d’un ministre, qui força l’empereur à chercher un asile du côté du midi, ils furent justement punis de mort. Leur infidélité découverte à l’occasion de l’éclipse, est ce qui a donné lieu à l’histoire d’en faire mention.

Pour donner encore plus d’intelligence de la suite de cette chronologie, il me reste une dernière observation à faire, qui préviendra l’erreur, dans laquelle on pourrait tomber, en augmentant ou diminuant les années de chaque règne. Il faut donc savoir que l’année de la mort de chaque empereur, en quelque mois qu’elle arrive, est comptée toute entière parmi celles de son règne, et quoique son successeur soit déjà reconnu, on fait l’honneur au défunt prince d’expédier toutes les affaires sous son nom. Le nouvel empereur ne donne presque jamais le sien qu’à l’année suivante, à moins que la couronne ne passe dans une autre famille, car alors l’année de son règne, commence le même jour qu’il a monté sur le trône.

L’incertitude où l’on est de la durée des sept premiers règnes, m’a engagé de ne commencer l’ordre des cycles sexagénaires qu’au règne d’Yao, quoi qu’on attribue communément à Hoang ti l’invention des cycles, qui est, comme on sait, une période de soixante ans, de même que nous donnons le nom de siècle à une révolution de cent années. Néanmoins je ne dois pas omettre ce que les auteurs chinois rapportent de Fo hi, qu’ils regardent comme le fondateur de leur monarchie, et des six empereurs qui lui ont succédé, et qui ont gouverné l’empire, jusqu’au temps du grand Yao.