Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/396

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élever des animaux domestiques, soit pour leur nourriture, soit pour les sacrifices. Par là il pourvut à la subsistance de ses peuples. Ce prince voyant ensuite que les cordes nouées, qui tenaient lieu de caractères, et dont on se servait pour l’instruction des enfants, étaient peu propres à publier ses lois, et à laisser à la postérité les instructions qu’il voulait lui transmettre, il traça les huit koua : ces koua sont trois lignes, qui combinées différemment, en font soixante-quatre, et il traça ces fameuses lignes, comme autant de symboles, pour exprimer ce qu’il voulait.

Ces huit koua ou symboles, chacun de trois lignes, ou droites, ou brisées, signifiaient certaines choses générales, dont dépendent la corruption et la génération des choses particulières : l’un représente le ciel, l’autre la terre, le troisième la foudre et les éclairs, le quatrième les montagnes, le cinquième le feu, le sixième les nuages, le septième les eaux, le huitième le vent. Il apprit à faire usage de ces symboles, et pour donner plus de crédit à ses nouvelles lois, il publia qu’il les avait vu marquées sur le dos d’un dragon-cheval qui sortait du fond d’un lac ; il le nomma dragon-cheval, parce qu’il avait la figure d’un cheval, et les écailles d’un dragon avec les ailes.

Ce prodige l’ayant accrédité parmi les peuples, lui donna lieu de créer des officiers ou mandarins sous le nom de dragon. Il nomma l’un dragon volant, et son occupation fut de faire des livres ; il nomma un autre dragon qui se cache, et c’était à lui de faire le calendrier ; un troisième fut nommé dragon qui demeure, et il eut l’intendance des bâtiments ; un quatrième appelé dragon protecteur, fut chargé de prévenir les misères du peuple, et de le soulager ; un cinquième sous le nom de dragon terrestre, eut soin des terres ; un sixième appelé dragon des eaux, fut chargé de faire croître les bois et les plantes, et de procurer la communication des sources d’eau vive.

Il établit un premier ministre, et partagea le gouvernement de son État entre quatre mandarins, qu’il envoya, l’un au nord, l’autre au sud, le troisième à l’est, et le quatrième à l’ouest. C’est ainsi qu’il fit fleurir ses lois.

Alors les deux sexes n’étaient point distingués par des habits particuliers, et confondus ensemble, ils vivaient sans pudeur, et dans une parfaite ignorance des lois du mariage.

Fo hi réforma ce désordre : il ordonna que les femmes seraient vêtues d’une manière différente de celle des hommes : il établit des lois pour la société conjugale : une de ces lois portait qu’on ne pourrait pas se marier avec une femme de même nom, soit qu’elle fût parente, ou non.

Cette coutume subsiste encore aujourd’hui : ceux, par exemple, qui portent le nom de Yong, de Ly etc. ne peuvent épouser des