Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/404

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eurent dans la suite pour partage différents petits États, dont ils étaient rois ou princes tributaires.

C’est toujours l’empereur qui accorde ces États aux princes, ou parce qu’ils sont ses parents, ou à cause de leur mérite. Ils relèvent de l’empire à peu près comme les ducs et les comtes en Europe, et s’il survient une guerre à l’empereur, ils sont obligés de lui mener un certain nombre de troupes, pour grossir son armée, et le défendre contre ses ennemis.


TI CO ou KAO SIN. Sixième empereur.


Les écrivains chinois font de grands éloges de ce prince : il était éclairé, disent-ils, il voyait tout ; il examinait tout par lui-même ; il entrait dans les plus grands détails ; il était populaire, sans rien perdre de sa Majesté ; il aimait tendrement ses sujets ; il répandait partout ses bienfaits ; il se réformait lui-même ; il était religieux dans le culte du souverain seigneur du Ciel, qu’il servait respectueusement ; son air grand et auguste attirait de la vénération, sa vertu était éminente, il n’agissait qu’à propos et gardait en tout un juste milieu. Enfin il n’y eut aucune nation éclairée par le soleil, et arrosée par les pluies, qui ne se fît un plaisir d’obéir à ses ordres.

Il établit des maîtres pour enseigner la vertu aux peuples, et il inventa la musique vocale ; ce fut Hien he, qui le premier fit par son ordre des chansons : il donna le soin à d’autres de faire divers instruments, des flûtes droites et traversières, un tambour, une cloche, un king[1] ; il fit jouer cette musique qu’il nomma lou ing, c’est-à-dire, la beauté du ciel, de la terre, et des quatre saisons.

Ce fut le premier qui donna l’exemple de la polygamie : il épousa quatre femmes. Il eut de la première un fils, nommé Ki, dont les descendants firent la dynastie des Tcheou ; de la seconde, il eut un fils nommé Sie, dont les descendants firent la dynastie des Chang. La troisième lui donna Yao et le fils qu’il eut de la quatrième s’appela Tchi. Les grandes espérances que donnait ce dernier prince, portèrent l’empereur à le choisir pour successeur préférablement à ses trois frères.


TCHI. Septième empereur.


Ce prince ne soutint guère l’idée qu’il avait donné d’abord de son mérite ; il ne se servit de son autorité, que pour se livrer brutalement à ses infâmes plaisirs. Les princes tributaires accoutumés à obéir à de sages empereurs, ne purent soutenir l’excès

  1. plaque plate et mince qu’on frappe avec un maillet de bois