Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/403

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Comme cet empereur était habile astronome, il changea la manière de calculer et d’observer les mouvements célestes ; et parce que ces mouvements ne paraissaient que dans un lointain, il inventa une machine qui aidait à en avoir une idée plus claire, et qui servait aux équations, aux ascensions, etc.

Les interprètes n’ont rien dit sur la construction, sur la figure, et sur les proportions de cet instrument ; apparemment qu’ils l’ont ignoré. Ils parlent seulement de la conjonction des cinq planètes dans la constellation Che, arrivée sous le règne de Tchuen hio ; mais, comme le remarque un habile astronome chinois, c’est une conjonction de système, et qui n’est nullement réelle.

Les conjonctions des planètes ont toujours été regardées comme de bon augure pour les princes : on voit de ces fausses conjonctions dans la suite de l’histoire, surtout au changement de dynasties ; et sans en chercher des exemples bien loin, c’est ce qui arriva à la seconde année du règne de l’empereur, qui est maintenant sur le trône. La conjonction de quatre planètes fut une raison suffisante, pour en faire une de cinq en faveur du nouveau règne.

L’empereur en fit paraître de la joie, et en reçut les compliments de toute sa Cour ; tout le monde en profita, surtout le tribunal des mathématiques, qui ne pécha pas par ignorance. Ayant trouvé certain rapport de planètes qui n’étaient pas en place avec celles qui y étaient, cela lui suffit pour fonder une conjonction qui flattait l’empereur, et qui leur devenait utile.

Cette fausse conjonction, qu’on a eu soin de marquer dans les registres, pourra bien donner lieu à de grands raisonnements, et à de faux systèmes dans les siècles à venir. Que dans deux ou trois mille ans, on s’avise de calculer en Europe, on cherchera vainement Saturne dans cette conjonction de planètes : sera-ce une raison de douter des autres faits de l’histoire d’Yong tching ? Ce n’en sera certainement pas une pour les Chinois, qui étant au fait de ces flatteries assez ordinaires, savent bien rabattre des compliments qu’on fait en cette occasion aux empereurs.

Tchuen hio régla aussi le calendrier, et ordonna que l’année commencerait le premier jour du mois, que la conjonction du soleil serait le plus proche du quinzième degré du verseau ; c’est ce qui l’a fait appeler l’auteur et le père des éphémérides. Il fit choix du temps que le soleil parcourt le milieu de ce signe, parce que c’est la saison où la terre s’embellit de fleurs et de plantes, où les arbres reprennent leur verdure, et où tout se ranime, et semble renaître dans la nature.

Ce prince mourut fort âgé, et fut enterré à Pou yang : il eut pour successeur Ti co ou Kao sin, petit-fils de l’empereur Chao hao. Les descendants de Tchuen hio qui furent en grand nombre,