Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/41

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En effet, les jours suivants il donna ordre aux grands tribunaux de nommer des mandarin pour présider aux mesurages qui seraient nécessaires, afin de donner exactement les noms des lieux importants qu’on devait parcourir, et de faire exécuter ses ordres aux magistrats des villes, en prescrivant à chacun d’eux de venir sur les frontières de leur district avec leurs gens, et les autres secours dont on aurait besoin. C’est ce qui fut exécuté avec une exactitude surprenante ; preuve sensible du grand ordre et de la police admirable qui règne dans un si vaste Empire.

On commença l’ouvrage le 4 juillet de l’année 1708 suivant notre manière de compter, mais selon le calendrier Chinois c’était le 16 de la quatrième lune, de l’année 47 de Cang hi. Le père Bouvet, le père Régis, et le père Jartoux entreprirent cette année-là de déterminer exactement la situation de la fameuse muraille qui sépare la Chine de la Tartarie, laquelle ayant un très grand nombre de points remarquables, par les portes qui donnent entrée dans l’Empire, et par tant de villes de guerre dont elle est comme flanquée, pourrait servir à régler les longitudes des provinces boréales, qu’elle borne du côté du Nord, et par conséquent des autres qui leur sont contiguës.

Le père Bouvet étant tombé malade après deux mois de travail, les pères Régis et Jartoux continuèrent l’ouvrage, et ne revinrent à Peking que le 10 janvier de l’année 1709.

La carte qu’ils y apportèrent, et qui avait plus de quinze pieds, renfermait non seulement tous les détours de cette muraille, bâtie tantôt sur les pentes et les penchants des montagnes, tantôt dans des vallées assez pro-