Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/452

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ses égaux, et de l’autre le danger où il s’exposait, de trouver dans ses sujets, aussi peu de déférence pour ses ordres, qu’il en avait pour ceux de l’empereur.

Ce prince suivit malgré lui un si sage conseil, et remit à un temps plus favorable l’exécution de son projet. Cependant ce témoignage public de sa soumission, fit une grande impression sur les princes, et ne servit pas peu à les affermir dans la soumission et dans la dépendance où ils devaient être.

L’empire reprenait sa première forme, et Siang vang goûtait une paix, qui fut bientôt troublée par le mécontentement de son fils, nommé Cho tai. Ce prince quitta la cour de son père la quinzième année du cycle, et se retira dans les États du roi de Tsi dont il implora la protection ; en même temps un prince tributaire de la province de Chen si leva l’étendard de la révolte.

L’empereur le défit avec le secours d’une armée de Tartares, qu’il s’était attachés en épousant la fille de leur chef. Il se vit peu après délivré des ombrages que lui donnait le roi de Tsi : car ce roi mourut accablé de vieillesse ; les guerres qui s’allumèrent aussitôt entre ses cinq enfants, lesquels se disputaient la souveraineté de leur père, et la division qui régnait dans cet État, semblaient promettre à l’empereur une tranquillité durable. Il n’avait épousé que par politique la fille du chef tartare ; comme il crut n’avoir plus rien à craindre, il la répudia, sous prétexte qu’elle était étrangère.

Le chef tartare outré de cet affront, résolut de s’en venger : il appela Cho tai qui se trouvait dénué de tout secours, et lui promit de le faire déclarer empereur. Ce prince alla joindre le Tartare, et tous deux ensemble ils portèrent la guerre jusque dans la capitale, et obligèrent l’empereur de prendre la fuite : Cho tai se fit proclamer empereur, tandis que son père errant et fugitif implorait l’assistance des princes tributaires.

Il en reçut le secours qu’il en attendait : il forma deux armées ; l’une qui assiégea la capitale, qui y entra en triomphe, et qui fit mourir le prince rebelle ; l’autre qui combattit le prince tartare, mit son armée en déroute, et rétablit Siang vang sur le trône.

Cet événement arriva l’année dix-septième du cycle. L’empire reprit son premier éclat, et l’empereur le gouverna paisiblement jusqu’à sa mort, qui arriva la trente-neuvième année du cycle : son fils King vang lui succéda.