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NGAN VANG II. Trente-quatrième empereur.
A régné cinquante-neuf ans.


Quelque long qu’ait été le règne de ce prince, il n’en a pas été plus heureux : il trouva l’autorité impériale presque anéantie ; et quoiqu’il ne manquât ni de talents, ni de vertu, son État était trop affaibli, pour hasarder la moindre entreprise, qui eût pu donner le plus léger ombrage à un prince aussi puissant qu’était le roi de Tsin.

Ce fut en ce temps-là qu’un colao du roi de Tsou nommé Kiue yen, qui s’était attaché tous les cœurs par sa droiture et par sa probité, succomba sous les traits de l’envie, et fut indignement dépouillé de ses honneurs. Ne pouvant survivre à son infortune, il se jeta de désespoir dans le fleuve, et y périt malheureusement.

Les peuples furent si vivement touchés de cette perte, qu’ils en perpétuèrent le souvenir par une fête qu’on célèbre encore tous les ans le cinquième jour de la cinquième lune : on monte des barques ornées, et l’on court sur les rivières, comme si l’on voulait chercher ce vertueux mandarin englouti dans les eaux, et le rappeler à la vie.


Cycle XXXV. Année avant J. C. 297.

Mencius mourut l’année neuvième du cycle à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Il est regardé après Confucius comme le plus grand philosophe de l’empire, et en considération de son mérite et de ses ouvrages, pour lesquels on conserve beaucoup de vénération, ses descendants jouissent de grands privilèges.

Cependant le roi de Tsin suivait toujours ses projets ambitieux, et se frayait insensiblement le chemin à l’empire ; il entretenait sous main la guerre entre les princes tributaires, afin qu’ils se détruisissent mutuellement. Chacun d’eux lui demandait du secours pour satisfaire sa vengeance particulière, et s’emparer des États de son ennemi ; il leur fournissait volontiers les troupes qu’ils souhaitaient pour faire des conquêtes, et diminuer le nombre de ces souverains. Ce fut ainsi que le royaume de Song qui avait subsisté pendant trois cent quatre-vingt-un an sous trente-deux princes, fut détruit par les rois de Tsi et de Tsou, et que la principauté de Lou, qui avait compté trente-quatre souverains, fut éteinte par le roi de Tsou. Il entra lui-même dans les États du roi de Guei, qui se fit son tributaire.

Ce fut alors que Tchao siang, roi de Tsin, ne déguisant plus ses véritables sentiments, déclara ouvertement qu’il aspirait au trône impérial. Il offrit au souverain seigneur du Ciel un sacrifice avec les cérémonies, qui ne peuvent être observées que par l’empereur,