Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/482

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d’un ton effrayé, quel crime nous avons commis, mais je vois dans le ventre de cette bête des choses qui m’étonnent ; commandez, prince, qu’on l’ouvre en votre présence. » La vache fut ouverte, et l’on trouva l’étoffe dans ses entrailles ; mais après l’avoir bien examinée, on découvrit que l’écriture était de la main du fourbe : il ne put le nier et il fut exécuté à mort. Cette histoire, revêtue de beaucoup d’autres circonstances, a servi de sujet à plusieurs comédies.

Vou ti signala sa puissance par quatre célèbres victoires qu’il remporta sur les Tartares, et après les avoir éloignés fort loin de la grande Muraille, il porta ses armes victorieuses jusqu’aux royaumes voisins de l’Inde, c’est-à-dire, jusqu’au Pegou, à Siam, à Camboye et à Bengale.

Il partagea les pays conquis entre les deux généraux, et les officiers, qui avaient le plus contribué à cette conquête : il y fit bâtir des villes, et honora les deux chefs du titre de roi. Ces Chinois prirent avec le temps les manières et les inclinations des Tartares, et ils devinrent dans la suite les plus cruels ennemis de ceux dont ils tiraient leur origine.

Un de ces rois Tartares prévint le ressentiment de l’empereur, en s’abandonnant à sa clémence, et se faisant son tributaire. Il lui donna même son fils aîné pour être élevé sous ses yeux.

Ce jeune prince était d’une taille avantageuse, et avait dans son air je ne sais quoi de doux et de fier tout ensemble. Il plut à l’empereur, qui aimait à le voir exercer le talent rare qu’il avait de dresser les chevaux ; il le fit d’abord son grand écuyer, et le mit ensuite à la tête de ses troupes, en l’honorant du nom de Kin, comme s’il eût été originaire de la Chine, et afin de le distinguer des Tartares.

Lorsque Vou ti sentit les approches de la mort, il déclara pour son successeur le fils d’une de ses concubines : il aimait plus que tous ses autres enfants ce jeune prince, qui n’avait encore que huit ans : il lui donna pour tuteur un de ses ministres, en qui il avait une entière confiance ; et de crainte que la mère du jeune empereur ne causât des troubles dans l’empire, comme avait fait Liu heou, il crut devoir la punir de plusieurs crimes dont on l’accusait. L’unique grâce qu’il lui accorda, fut de lui laisser le choix du genre de mort qu’elle redoutait le moins.

L’empereur mourut la 31e année du cycle à l’âge de 71 ans ; le jeune prince Tchao ti lui succéda.