Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/538

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l’empereur avec un nombre de soldats bien armés, se saisirent de sa personne, et l’enfermèrent dans un appartement écarté, avec sûre garde, n’ayant laissé qu’un trou à la muraille pour y passer les aliments nécessaires à sa subsistance. Le colao Tsou yu ayant découvert le lieu ou l’on retenait l’empereur, y envoya des gens de confiance bien armés, qui massacrèrent les gardes, qui délivrèrent l’empereur, et le conduisirent dans son palais.

Tchou uen, chef des brigands, fut invité par le colao de venir au secours de l’empereur contre les eunuques. Il arriva en même temps que ce prince porta un édit, par lequel il ordonnait d’exterminer les eunuques, et d’en réserver seulement trente des plus jeunes pour les plus vils ministères de son palais, Il exécuta cette commission avec zèle et plusieurs centaines d’eunuques furent égorgés.

Tchou uen avait paru jusque-là fidèle ; mais l’ambition qui s’empara de son cœur, le rendit bientôt perfide. Il fit tuer le colao qui avait été si fort attaché à son prince, et obligea l’empereur de transporter sa cour de la province de Chen si dans la province de Ho nan.


Cycle LV. Année de J. C. 904.

A peine l’empereur y eut-il établi sa nouvelle cour que le traître Tchou uen le fit mourir. C’était la première année du cycle, et ce prince avait trente-huit ans. Le rebelle mit aussitôt la couronne impériale sur la tête de Tchao suen tsong, fils du défunt empereur, jusqu’à ce qu’il pût s’en emparer sans aucun risque.


TCHAO SUEN TSONG. Vingtième empereur.
A régné deux ans.


Ce jeune prince fut à peine deux ans sur le trône, il vit bien qu’il serait sacrifié comme son père à l’ambition du perfide Tchou uen, c’est pourquoi il prit le parti de lui remettre la couronne, pour lui épargner un nouveau crime, et se conserver la vie. L’usurpateur, qui prit le nom de Tai tsou, lui donna une principauté : mais il n’y régna que trois ans, car il fut tué à l’âge de dix-sept ans, et avec lui périt la famille de Tang.

Les cinq dynasties qui suivent, sont regardées des Chinois comme de petites dynasties, de même que les cinq qui ont précédé la dynastie de Tang. On appelle celles-ci Heou ou tai, c’est-à-dire, les cinq dynasties postérieures. Elles ressemblent aux premières par les guerres, par les révoltes, et par les parricides qui ont tant de fois ensanglanté le trône. Mais elles diffèrent entr’elles par le nombre des princes, et par le temps qu’elles